Sophrologue Béthune – La Bassée

On ne peut pas plaire à tout le monde : devenir libre d’être soi-même

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Plaire est devenu une préoccupation essentielle de notre société. Cette obsession prend des formes multiples.

Ainsi, on cherche à plaire physiquement : les femmes se doivent d’être mince, les hommes athlétiques. De même, nous cherchons à soigner notre apparence, avec les vêtements à la mode.

Ce désir de plaire influence également nos goûts en matière d’alimentation, de culture et même de pratique sportive.

Mais parfois, cela prend des formes beaucoup plus insidieuses. Nous modifions notre façon de vivre, nos valeurs et ce que nous sommes, pour ne pas déplaire.

Aujourd’hui, je vous propose d’explorer ce sujet que nous avons souvent tendance à ignorer… jusqu’à ce qu’il nous rattrape.

En premier lieu, je vous propose d’essayer de comprendre pourquoi nous sommes prêts à tout pour plaire. Ensuite, je vous exposerais le prix à payer pour ces efforts. Enfin, je proposerai à ceux qui le souhaitent, une façon de mettre fin à cette situation.

Pourquoi vouloir plaire à tout le monde ?

Depuis qu’ils se sont dressés sur leurs pattes arrière, nos ancêtres ont compris qu’il était préférable de vivre en groupe pour survivre à l’environnement hostile dans lequel ils évoluaient. Aussi, déplaire au groupe et s’en faire rejeter signifiait la mort certaine.

À l’intérieur du groupe régnait une hiérarchie basée sur des critères élémentaires : la force, l’agilité, l’intelligence, la capacité à perpétuer la race en enfantant. Démontrer ses capacités revenait à plaire au dominant et à servir les intérêts du groupe. Donc à y assurer sa place. De même, c’était un moyen de progresser dans la hiérarchie et bénéficier de plus de nourriture ou d’une place plus près du feu l’hiver.

Nous pourrions penser que les choses ont évoluées. Nous ne vivons plus dans des grottes et les chances de se faire dévorer au coin d’un bosquet sont très faibles.

Pourtant, voici deux expressions très actuelles qui vont vous prouver le contraire par les sentiments qu’elles font naître :

  1. Mort sociale
  2. Mort professionnelle ou politique

De la savane à l’entreprise et internet

Ainsi donc, nos propres congénères ont remplacé les bêtes sauvages. Nos besoins vis-à-vis du groupe ont changé. Mais nous cherchons toujours à plaire pour ne pas mourir, même si cette mort n’est pas physique.

Pire, nous avons multiplié les groupes auxquels nous appartenons ou tentons d’appartenir. Ainsi, nous sommes nombreux à chercher à plaire à nos parents. Puis à celui ou celle que nous aimerions avoir comme conjoint(e), aux beaux-parents. À notre chef, notre patron, nos collègues. Ou encore à nos quelques amis réels ou à tous nos amis virtuels des réseaux sociaux.

À tous nous tentons en permanence d’envoyer des signaux positifs. Nous cherchons à leur montrer que nous existons, que nous sommes dignes d’intérêt et que nous avons notre place à leur côté, dans le groupe. En fait, rien n’a vraiment changé.

C’est épuisant

Aussi étonnant que cela puisse paraître, vouloir plaire est épuisant.

En premier lieu, il y a toutes ces activités qui viennent se greffer à notre quotidien déjà surchargé. En effet, qui n’a jamais accepté de prendre du travail en plus pour se faire bien voir au travail ? Ou accepté de « rendre service » alors que l’on avait déjà des milliers de choses à faire ?

Pour d’autres, c’est aller encore une fois à cette soirée du Rotary ou du Lions, sortir au restaurant ou boire un verre alors que l’on a passé une semaine harassante.

Combien de grasses matinées bien méritées ont été sacrifiées « pour faire plaisir » et être présent au déjeuner dominical chez la tante machin qui habite à 2h de route ?

Et que dire de tous ceux qui vont courir ou taper dans une balle – quelle que soit sa taille – uniquement parce qu’il faut être vu dans tel ou tel club, être en forme et en parler ?

Mais chercher à plaire à tout prix est aussi épuisant moralement. Nous créons un état d’hypervigilance qui n’est ni plus ni moins qu’un stress.

En effet, nous sommes constamment à l’écoute, à l’affût du moindre signe de notre entourage. Qu’il soit positif ou négatif, nous ajustons nos paroles ou nos actions, nous maquillons ce que nous sommes pour répondre aux attentes supposées.

De même, sous prétexte de nous construire, nous passons notre temps à oublier nos valeurs et qui nous sommes, pour devenir celui ou celle qui va plaire au groupe.

Plaire ou être libre d’être soi-même ?

Partant de ce fait, il me semble essentiel de faire un pas de côté et de se poser LA bonne question : quel intérêt avons-nous à faire partie d’un groupe qui ne nous ressemble pas ?

Dans ces conditions, accepter de se changer, de cacher qui l’on est pour essayer de plaire revient à se soumettre au bon vouloir et aux attentes extérieures. C’est abandonner sa propre liberté d’être vraiment qui l’on est.

Or, ce sentiment d’être soi-même, d’appartenance à soi est essentiel. Il nous permet de nous réconcilier avec nous même, avec l’image de soi et avec notre corps.

Mais il y a mieux ! En effet, se réconcilier avec soi-même, rétablir la confiance en soi et apprendre la résilience sont des choses essentielles à l’intégration dans un groupe.

Oui, vous avez bien lu : tous nos efforts pour plaire, toutes ces transformations, ces petits abandons et ces efforts sont contre-productifs.

S’il vous fallait une autre preuve à cela, en voici une que nous avons tous vécue : nous avons tous rencontré des personnes que l’on ne « sentais » pas. Qui nous semblaient fausses, dissonantes et dont nous avions envie de nous éloigner.

Pourquoi ? Simplement parce que nous sentons ces choses. Mais souvent cela ne nous empêche pas d’en faire autant, par automatisme.

Gagner la liberté d’être soi

Accepter de ne plus se sentir obligé de changer pour plaire et être accepté. Admettre que « qui je suis » est acceptable est un long chemin.

Il nous faut traverser la zone de peurs, construite par les messages, « soit parfait », « fais plaisir », « soit fort » qui nous ont très souvent construits.

Mais être libre, ce n’est pas obligatoirement être seul. Rien n’oblige à perdre la sécurité du groupe. Au contraire, plus vous serez authentique, plus vous allez plaire et être accepté par ceux qui vous ressemblent, qui partagent vos valeurs, vos convictions.

Vous retrouverez un groupe, une « tribu » au sein desquels vous n’aurez pas à composer en permanence. Qui vous assurera la sécurité et vous permettra de grandir.

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