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Travailler à son rythme - savoir faireTravailler à son rythme, rétablir la balance entre vie privée et vie professionnelle…

Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir reprendre la main et ne plus nous laisser imposer des rythmes qui ne sont pas les nôtres.

Ainsi, une enquête menée en 2017 par Monster-IFOP montrait que, pour reprendre la main sur leur agenda et travailler à son rythme, 27% des sondés souhaitaient plus de souplesse dans leurs horaires, 17% le droit à déconnexion et 16% l’accès au télétravail.

En définitive, plus que les congés supplémentaires (28%), ce qui nous satisfait le plus, ce qui nous rend plus heureux et donc plus efficaces et plus productifs, c’est de travailler à notre rythme.

Un sophrologue n’est pas un coach alors, pourquoi aborder ce sujet ? Nos métiers ont autant de divergences que de convergences. De plus, travailler à son rythme demande autant d’outils et de techniques que de capacité à mobiliser son mental et sa concentration. Par conséquent, il me semblait intéressant de vous proposer une approche différente de ce sujet.

Les 7 clés pour travailler à son rythme

En premier lieu, il me semble important de rappeler l’importance de ne pas confondre vitesse et précipitation. Dans un article précédent, je vous avais démontré l’importance de trouver son rythme de travail et les effets positifs que cela procure.

De même, les conseils qui suivent s’appliquent autant au travail en entreprise qu’au télétravail, dont nous avons vu qu’il pouvait aussi devenir un enfer.

Bien entendu, je suis totalement consciente que ces clés ne sont pas applicables à l’ensemble des métiers. Mais si au moins une de ces clés peut vous apporter du bien-être, j’aurais rempli mon rôle.

Dans cette première partie, je vous propose d’aborder les 4 premières clés liées au savoir-faire. Dans la seconde partie, nous aborderons les 3 clés restantes, celles du savoir-être.

Se concentrer sur les tâches prioritaires

Tim Ferris, un entrepreneur américain, c’est donné comme objectif de gagner sa vie et faire tourner son entreprise en ne travaillant que quelques heures par semaine.  Le principe, qu’il détaille dans son livre « La semaine de quatre heures« , repose sur un phénomène empirique : environ 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes. C’est le principe de Pareto. Appliqué au travail, 20% du temps doit pouvoir réaliser 80% de l’objectif.

Maîtriser son temps et travailler à son rythme nécessite de se focaliser sur les tâches ayant une réelle valeur.  Dans ces conditions, il est nécessaire de faire un tri et d’éliminer les tâches inutiles. Et c’est là que les premiers freins psychologiques arrivent.

Enfermés dans nos habitudes et nos règles sociales, nous nous sentons trop souvent « obligés » de tout faire sans distinction. Le respect de la hiérarchie et des procédures inculqué depuis notre entrée à l’école freine ce type de comportement salutaire. Nous lui préférons souvent le stress de la quantité. Quitte à exploser en vol.

Le manque de confiance en soi est un second frein. En effet, tout faire évite d’avoir à choisir et donc de se tromper de priorité. Mais c’est oublier que l’erreur fait partie de l’apprentissage.

Travailler à son rythme demande donc d’apprendre à lâcher prise et à reprendre confiance en soi, en ses choix. Et cette démarche passe également par le fait de s’affirmer par rapport aux autres.

Recadrer les sollicitations non prioritaires

Sur une année, c’est presque 59 jours que nous perdons à répondre aux sollicitations non prioritaires. Entre les courriels sans intérêts, les réunions fleuves, les collègues, collaborateurs ou chefs qui vous interrompent… ce sont presque 12 semaines de travail qui sont englouties.

Travailler à son rythme nécessite de définir un cadre. Des règles qui s’appliquent autant à vous qu’aux autres.

La première action à mettre en œuvre vous concerne directement : ne soyez plus esclave de vos mails ou de votre téléphone ! déterminez des plages horaires durant lesquelles votre logiciel de mail est fermé. Ne vous laissez plus interrompre. En dehors du travail, appliquez le droit à la déconnexion numérique.

La seconde action est celle qui peut paraître la plus difficile : éduquez vos chefs et vos collègues. Je vous assure que cela fonctionne. Partagez, expliquez, argumentez… et apprenez à dire non. On peut s’affirmer dans le respect des autres.

Par ailleurs, l’expérience montre que, travailler à son rythme engendre une plus grande efficacité et une meilleure qualité du travail. L’encadrement finit toujours par s’adapter à ce type d’objectif. Toutefois, cela nécessite un peu de pédagogie, de confiance en soi et de persévérance.

En finir avec le multitasking

Une étude menée par l’université de l’Utah montre que seulement 3 % de la population pourraient faire plusieurs choses en même temps sans subir une baisse de concentration. Par conséquent, pour les 97% restant, le multitasking est souvent à l’origine d’erreurs liées à la baisse d’attention.

Une seconde étude américaine parue dans le Journal of Experimental Psychology montre que cela prend plus de temps de réaliser des calculs compliqués quand ils sont interrompus par d’autres tâches. Une perte de 40 % du temps a été observée. L’étude a également démontré que le multitasking a des aspects négatifs sur la santé puisqu’il favorise la libération d’hormones de stress et d’adrénaline.

En conséquence, arrêtons de suivre nos croyances et acceptons ce que dit la science. Travailler à son rythme et le multitasking sont incompatibles. Apprenons à nous concentrer sur un sujet à la fois.

Les 4 temps du travail

Travailler à son rythme c’est aussi apprendre à répartir son temps, à équilibrer son activité au sein des 4 grandes phases de travail.

Le culte de la performance nous enferme trop souvent dans la première phase, celle de l’action. On nous demande, ou nous nous imposons d’abattre un maximum de travail.

Cette approche se fait souvent au détriment de la seconde phase, qui est celle de la réflexion. En effet, il est nécessaire de savoir prendre du recul et du temps pour réfléchir à un problème, préparer une réunion… Tous ceux qui ont déjà vécu une réunion fleuve non préparée le savent : il n’y a rien de pire, de plus inutile, ni de plus démotivant.

Le troisième temps est celui de l’inspiration. Il ne peut exister que si vous travaillez réellement à votre rythme. Personne ne peut vous l’imposer. Pourtant, c’est celui dans lequel vous sortez de votre zone de confort, vous décidez de vous former ou de vous informer.

Cela n’a rien à voir avec la formation « obligatoire » en entreprise. En effet, cette dernière vient souvent en plus du travail habituel. Or, nous parlons pour ce troisième temps d’une démarche volontaire, d’une rechercher d’inspiration.

Vient enfin le dernier temps, celui de la respiration, du temps pour soi. Le temps consacré à sa famille et à ses amis, à l’activité physique ou artistique. Mais aussi le temps de l’oisiveté nécessaire.

Ce quatrième temps du travail ouvre un nouveau chapitre. Réussir à travailler à son rythme ne repose pas uniquement sur des techniques, sur le savoir-faire.

Le savoir-être est tout aussi important. Nous en parlerons donc dans le second volet dédié à ce sujet.

Travailler à son rythme et sophrologie

Faisons un rapide récapitulatif de ce que travailler à son rythme impose déjà à ce stade :

  • Lâcher prise;
  • S’affranchir de ses idées contraignantes;
  • Développer la confiance en soi;
  • Savoir s’affirmer et dire non;
  • Accepter que l’erreur fasse partie de son apprentissage;
  • Trouver la force de se déconnecter sans culpabiliser;
  • Concentration

Avant même d’ouvrir le prochain volet du savoir-être, je crois que la démonstration est faite : la sophrologie est un outil essentiel pour vous accompagner dans ce travail sur soi et pour soi.

La sophrologie ne réglera pas vos problèmes d’un coup de baguette magique, mais vous donnera les outils et techniques pour vous préparer et vous soutenir dans vos actions et vos décisions.

Avertissement aux lecteurs

Lors de la rédaction de cet article, j’ai beaucoup hésité à citer l’ouvrage de Tim Ferris « La semaine de quatre heures« . Ce livre relève de la littérature « business » américaine à la mode il y a une dizaine d’années. Même si ce livre semble faire référence dans le monde du management, il ne repose sur aucune base scientifique solide. Ce n’est que la proposition d’un entrepreneur. Une méthode parmi d’autres.

J’encourage donc celles et ceux qui s’y intéresseraient à exercer leur sens critique et à n’en tirer que les enseignements qui leur seront profitables.