déconnexion numériqueLa déconnexion numérique est devenue un droit depuis le 1er janvier… mais nombreux sont celles et ceux qui ont du mal à se l’appliquer.

Dans le cadre de la série d’articles sur la relaxation au bureau, je vous propose donc d’aborder ce sujet.

Plutôt que des exercices, nous allons de bâtir un plan d’action et vous accompagner dans cette démarche.

Démarche qui, osons dire les choses, s’apparente parfois à un sevrage tellement nous sommes devenus accros à nos portables et ordinateurs.

Déconnexion : la loi et les faits

Depuis le 1er janvier 2017, l’article 55 de la « loi travail » instaure le droit à la déconnexion numérique. À première vue, le fait de légiférer sur un tel sujet pourrait prêter à sourire. Pourtant, cette décision fait suite aux différentes études menées sur les impacts du numérique dans les cas de burn-out.

En instaurant ce droit à la déconnexion, la loi vise les deux causes principales du burn-out :

  1. L’équilibre entre vie privée et vie professionnelle : nous avons tous besoin de nous couper du travail et de consacrer du temps à nos proches. Conscients de ce fait, l’envoi de mails, de SMS ou les appels téléphoniques de votre employeur pendant vos temps de repos ou de congés sont interdits. Mieux encore, ils sont maintenant considérés comme harcèlement moral.
  2. L’usage permanent des outils numériques : vivre continuellement face aux écrans ou avec son téléphone à la main provoque deux conséquences :
    • Une culture de l’urgence : Nous perdons la mesure des choses. Tout va toujours trop vite, tout est urgent.
    • Une perturbation du sommeil sur le long terme, avec l’ensemble des conséquences physiologiques que cela implique.

Pour ces raisons, nous pouvons considérer que cette loi, loin de faire sourire, répond à un véritable problème de santé publique. Ainsi, mais sans résoudre le problème du burn-out, elle apporte un cadre et des limites à une pratique qui se développe depuis plusieurs années.

En effet, il y a quelques années, le téléphone et l’ordinateur portable étaient réservés aux cadres les plus importants. Ils faisaient partie, au même titre que la voiture, de ces « avantages » qui vous sortaient du lot. C’est pourquoi tout le monde en a voulu un… et l’a eu. Comment refuser à un collaborateur une chaîne dorée qui le relie en permanence au travail ?

Déconnexion : mode d’emploi

Emails et réseaux sociaux.

En premier lieu, apprenez à ne plus avoir votre logiciel de mail ouvert en permanence et désactiver toutes les notifications lorsqu’un nouveau message arrive.

Ensuite, nous allons progressivement réduire la fréquence de lecture. Pour les plus accros, n’ouvrez pas vos courriers plus d’une fois par heure la première semaine. La seconde, étendez ce délai à deux heures. L’objectif étant, en fonction de votre activité, de ne plus dépasser deux ou trois fois par jour.

Pourquoi si peux ? Simplement pour casser cette culture de l’urgence et réapprendre :

  1. À travailler de façon concentrée sur un sujet, en supprimant ces alertes et la sensation d’urgence qu’elles provoquent.
  2. À prendre le temps de la réflexion quand vous lisez vos courriers ou vos messages. Quels sont ceux qui sont vraiment urgents ? Quels sont ceux auxquels vous pouvez répondre immédiatement et ceux qui demandent de la réflexion ? Apprenez à trier… et à jeter.

Impossible ? Essayez, et expliquez aux autres, vous serez surpris de l’accueil ! Privilégiez le face à face ou le téléphone en cas d’urgence absolue. Vous y gagnerez en qualité de relation et en efficacité.

Le téléphone.

Comme pour les courriels, quelques gestes simples permettent une déconnexion salutaire.

En premier lieu, si vous n’avez aucune obligation d’astreinte ou de garde, autorisez-vous à « oublier » votre téléphone quand vous partez déjeuner.

Par la suite, fixez des limites au-delà desquelles votre téléphone professionnel devra être coupé. Ce geste est, de toute façon, cohérent avec la nouvelle loi. Personne ne peut vous le reprocher.

Profitez de vos soirées ou de vos week-ends en famille. Accordez à vos proches le temps et l’attention qu’ils méritent. Rapidement, vous verrez les choses autrement.

En effet, par quelques gestes simples, vous aurez réussi à vous séparer de ces petites choses qui finissent par vous pourrir la vie. Vous retrouverez le temps de vous tourner vers les autres.

D’autre part, le cerveau étant comme un muscle, lui redonner l’occasion de travailler à son rythme et sans zapper en permanence va lui permettre de reprendre une activité optimum.

N’oubliez pas : pour que cela réussisse, il est préférable de prendre le temps, d’aller progressivement, de prendre de nouvelles habitudes, plutôt que de vouloir tout changer du jour au lendemain.

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