dire nonSavoir dire non ou plus simplement s’affirmer au sein d’un groupe ou de son entourage peut paraître difficile dans certains cas. La peur de se retrouver seul, isolé du groupe, nous pousse parfois à mettre de côté nos valeurs, nos besoins, et à « accepter » ce qui nous est plus ou moins imposé.

Nous allons voir que cette crainte de compromettre nos relations aux autres en devenant nous-même provoque d’autres effets tout aussi indésirables.

Nous verrons également qu’il existe quelques moyens simples de s’affirmer dans le respect de l’autre.

La peur de dire non : Origine et conséquences

Nos sociétés latines ou anglo-saxonnes ont beau mettre en avant l’individualisme, nous cultivons le besoin de vivre ensemble depuis l’antiquité Grec. Depuis Aristote, qui définit l’homme comme un animal politique, et Homère pour qui le bannissement de la cité représente le pire des traitements que l’on puisse affliger, nous avons appris ce besoin de l’autre.

Ce besoin culturel est parfois renforcé par l’éducation ou l’expérience de vie. Cela se traduit, par exemple, sous la forme du fameux message « Fais plaisir », que nous avons vu dans notre dernier article.

Quelle que soit son origine, ce besoin est si profondément ancré chez nous qu’il nous pousse parfois à faire passer nos propres besoins et nos propres valeurs de vie au second rang.

Nous préférons donc refuser de dire non, plutôt que de prendre le risque de compromettre nos relations aux autres, et donc du risque de s’isoler.

«Personne ne choisirait de posséder tous les biens de ce monde pour en jouir seul, car l’homme est un être politique et naturellement fait pour vivre en société » Aristote – Éthique à Nicomaque. IX, 9,1169b, 16.18

Pourtant, s’effacer devant la volonté de l’autre ou accepter d’oublier ses propres valeurs avec l’espoir de réussir à contenter tout le monde et rester au coeur du groupe n’est pas sans conséquence.

Dans son cours de philosophie portant sur ce thème, Simone Manon nous rappelle un élément important qui va nous éclairer sur ces conséquences :

« La vie civile, nous apprend Freud, exige des hommes des sacrifices qu’il ne leur est pas naturel de consentir. Elle requiert frustration, refoulement et sublimation des pulsions. » – Sigmund Freud

Freud nous rappelle donc que refuser de dire non et céder à tout provoque frustration, refoulement et sublimation des pulsions. Concrètement, cela se traduira par un raz le bol, le sentiment d’avoir trop donné, trop fait, sans jamais recevoir. Il se peut également que cette réaction provoque un désengagement total, un rejet du groupe et donc l’isolement.

Il est donc nécessaire de trouver un compromis, une voie du milieu qui permet de dire non et de s’affirmer dans le respect de l’autre, condition essentielle du maintien du groupe.

L’assertivité

Le concept d’assertivité est apparu dans la première moitié du XXe siècle, mais développé dans la seconde moitié par Joseph Wolpe. Ce concept se définit comme une « expression libre de toutes émotions vis-à-vis d’un tiers, à l’exception de l’anxiété ».

Ce concept, qui a permis de définir les bases de la communication non violente, s’appuie sur deux fondamentaux :

  1. Il nous faut considérer nos besoins à égalité avec ceux des autres (dans un sens comme dans l’autre).
  2. Il faut s’exprimer pour ses besoins et ses valeurs, pas contre l’autre.

Cette approche n’est possible que si l’on refuse d’avoir recours à trois comportements types à effets négatifs :

  • les comportements d’agression (ou de domination par la force) ;
  • les comportements de soumission, qui peuvent se matérialiser par la fuite ou l’abandon ;
  • les comportements de manipulation (ou de domination par la ruse), parfois exprimés sous forme de manipulations mentales.

Tout un programme n’est-ce pas ? Cela va certainement demander pas mal d’efforts à certains d’entre nous pour essayer de s’y tenir. C’est à ce moment que votre sophrologue entre en jeu.

Apports de la sophrologie

Une fois de plus, votre sophrologue n’est pas là pour vous apporter une technique magique qui résoudra tout… mais pour vous accompagner dans ce travail qu’il faudra faire sur vous-même.

Vouloir aller trop vite, vous fixer des objectifs trop importants, sont souvent source d’échecs. Votre sophrologue vous aidera à vous poser, à prendre le recul nécessaire à la première étape de cette démarche : définir quels sont vos besoins et vos valeurs.

Par la suite, votre sophrologue définira avec vous quels sont les axes à travailler et donc les outils à vous donner : confiance en soi, gestion du stress, travail sur le ressenti…

C’est en progressant à votre rythme, en assurant chaque progression qu’il vous sera possible de reprendre votre place, de réapprendre à dire non, de respecter de vos valeurs, et de découvrir qu’il est possible d’être soi-même sans pour autant se séparer des autres.

Pour aller plus loin sur le sujet:

Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent

Petit cahier d’exercices pour s’affirmer et enfin oser dire non

Dénouer les conflits par la Communication NonViolente