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Critique : y faire face et répondre Faire face à la critique est souvent un moment désagréable que nous n’abordons pas tous avec la même aisance.

Nous nous sentons, au mieux, déstabilisés . Au pire, nous le vivons comme une véritable attaque personnelle.

Dans ces conditions, difficile de retomber sur ses pieds, de garder confiance en soi et d’avoir la réponse adéquate.

Il est alors facile pour notre interlocuteur de profiter de ce désarroi pour trouver les éléments qui étayent sa critique.

Aussi, je vous propose aujourd’hui quelques pistes pour essayer de vous préparer à ce type de situation désagréable.

En premier lieu, je vous propose d’analyser pourquoi la critique nous pose problème. Ensuite, nous aborderons les différentes typologies de critiques, et comment y répondre.

Pourquoi la critique nous pose-t-elle problème ?

Quel que soit le contexte dans lequel nous recevons cette critique, le trouble qu’elle provoque nous ramène à deux facteurs principaux :

  1. Le manque de confiance en soi.
  2. Le besoin d’être écouté.

Le manque de confiance en soi

Si cette critique nous déstabilise. Si elle arrive à créer une confusion telle que nous n’ayons pour seule réponse que le silence ou la colère. Alors la situation est très claire : nous n’avons aucune confiance en nous !

En effet, le manque de confiance en soi est souvent à l’origine, soit d’un repli, soit d’agressivité face aux critiques.
Ensuite, il reste à comprendre la cause. Est-ce lié à notre méconnaissance du sujet, de notre interlocuteur ou d’une erreur d’interprétation ?

Dans un autre ordre d’idée, ce manque de confiance en soi peut aussi résulter du statut que nous donnons à la personne en face de nous. Ainsi, une figure publique, une personne qui représente l’autorité (morale, religieuse ou même professionnelle) provoquera chez nous un réflexe. Nos « codes sociaux » , tout ce qui fait notre culture, nous incitent à nous sentir dans une position d’infériorité. Chaque critique, même constructive, est vécue comme une mise en infériorité.

Mais c’est oublier un peu vite que nous avons tous le droit à l’erreur. Qu’elle fait partie du processus d’apprentissage !

Si notre interlocuteur possède vraiment l’intelligence et la « supériorité » que nous lui conférons, il sera le premier à vous le rappeler.

Le besoin d’être écouté.

Quoi de pire qu’un interlocuteur qui vous donne ses conseils, quand ce ne sont pas des directives, alors que vous n’avez pas fini vos explications ? Tous ceux qui ont vécu cette situation connaissent ce sentiment de ne pas être écouté.

Même s’il n’y a pas de réelle critique – puisque votre avis lui importe peu, seul le sien existe – cette attitude provoque une frustration terrible, et justifiée.

Comment répondre ?

Si certains manient naturellement l’art de la répartie et n’hésitent pas à remettre leur interlocuteur à sa place. Pour d’autres, la moindre critique est une véritable épreuve à surmonter.

Aussi, il me semble intéressant de vous donner quelques pistes de réflexion pour comprendre, et faire face aux différentes critiques.

En effet, il existe trois grands types de critiques:

  1. La critique constructive : émise avec bienveillance, dans un esprit constructif et de dialogue. Son seul et unique objectif est de mettre en place ou entretenir une dynamique d’amélioration. Si elle met en avant un point faible, une erreur, elle apporte aussi une proposition, une piste, ou tout simplement l’encouragement à progresser.
  2. La critique non constructive : basée sur la dévalorisation et les jugements de valeur, elle n’invite à aucun dialogue. Son objectif est de bousculer, déstabiliser. Sa force réside sur le simple pari que le doute engendré provoquera une perte de confiance et engendrera un repli ou donnera un ascendant psychologique à votre interlocuteur.
  3. La critique ad personam : la pire de toute puisque l’on quitte ici les notions de valeurs, de jugement et même de réflexion pour s’attaquer directement à la personne au travers de propos désobligeants et grossiers.

Répondre à la critique constructive

Face à une critique constructive, il n’existe pas beaucoup de réponses possibles. En effet, la refuser serait une grave erreur. Non seulement cela pourrait compromettre nos relations avec une personne, a priori, bienveillante. Mais ce serait aussi se priver d’une occasion de bénéficier d’aide pour continuer à nous améliorer !

Dans ces conditions, la seule attitude positive à adopter face à une critique constructive est certainement :

  • D’accepter de se remettre en question. De se poser les bonnes questions et d’apprendre.
  • De prendre suffisamment de recul pour rire de soi, de ses erreurs… et lâcher prise.

Critique : apprendre de ses erreurs

Que faire avec la critique non constructive ?

Avant toute chose, c’est le moment de se souvenir de l’exercice de respiration au carré ! Voilà, déjà là, ça va mieux.

Bien, maintenant le petit mantra qui va bien : «  les gens parlent plus d’eux-mêmes que de toi ».

Bref, vous l’aurez compris, il est urgent et essentiel de se détacher du regard de l’autre. La peur et le sentiment d’infériorité n’existent que si nous l’autorisons. Il n’y a aucune raison de laisser cette critique les provoquer.

Cette première étape passée il existe plusieurs façons de répondre :

  • Le court-circuit : la plus simple puisqu’il suffit de changer de sujet et de continuer comme si de rien n’était. Ainsi l’on montre que la critique formulée n’a aucune prise sur l’estime que l’on se porte.
  • L’humour et la dérision : voici deux excellents moyens de faire retomber la pression. Attention tout de même de ne pas tomber dans l’excès inverse et que cet humour devienne une critique ad personam.
  • La demande d’explications : la plus subtile et la plus ouverte des réponses à une critique. Souvenez-vous que vous n’avez pas à vous justifier… mais que vous pouvez demander à l’autre d’approfondir. En effet, les critiques non constructives sont souvent courtes et peu argumentées. Forcer votre adversaire à étayer ses propos permet souvent de passer d’une critique non constructive à une critique constructive. C’est l’occasion de sortir par le haut.
  • Renvoyer la balle : technique réservée à ceux qui maîtrisent leur sujet, il s’agit ici d’utiliser les arguments utilisés dans la critique contre votre interlocuteur, en les mettant en contradiction avec ses propres actes ou propos précédents. C’est la technique de la critique ad hominem.

Concernant la critique ad personam, je n’ai qu’une seule technique de réponse : le coupe-circuit. Les personnes qui utilisent cette technique ne sont plus dans la critique, mais dans l’envie de blesser. Répondre serait leur donner un pouvoir et une considération que de tels propos ne méritent pas. Inutile d’aller plus loin.

Pour aller plus loin

Vous l’aurez compris, quand répondre à la critique n’est pas une chose naturelle et facile, rien n’est perdu. Il existe toujours des façons très simples de progresser.

Avec votre sophrologue, vous pouvez travailler la confiance en soi, l’estime de soi et la maîtrise de vos émotions. Quelques séances vous donneront les outils de base. À vous de les travailler par une pratique régulière.

Pour le reste, il existe d’excellents ouvrages dont voici le top 3 :

  1. Voilà ce que j’aurais dû dire ! – Eyrolles
  2. L’art d’avoir toujours raison: Dialectique éristique – Hades éditions
  3. Et si je répondais du tac au tac: Les secrets de la repartie. – Eyrolles

Si les notions de critiques ad hominem et ad personam vous intéressent, « l’art d’avoir toujours raison » de Schopenhauer sera à prendre en premier.

Quoi qu’il en soit, avec cette liste de livres pour l’été, vos collègues de bureau et tous ceux qui passent leur vie à vous critiquer n’auront qu’à bien se tenir à la rentrée !