Apprendre de l'échecL’échec est toujours perçu, dans notre société européenne comme en Asie, de façon très négative.

Cette situation est regrettable. En effet, bien compris et bien utilisé, il est un formidable moteur de créativité et d’innovation.

Cette semaine, je vous propose de découvrir de nouvelles perspectives sur l’échec.

Découvrons ensemble qu’il y a bien mieux à faire que de l’accepter en tant que tel et de tourner la page.

Redonnons-lui son rôle primordial : nous faire progresser.

Si l’illustration choisie vous a fait douter quelques instants, rassurez-vous. Je ne parlerais pas du jeu d’échecs, même si le nom de ce jeu est déjà porteur de sens. En fait, je ne résiste pas au plaisir d’utiliser ce montage qui met en scène deux personnages emblématiques qui apprennent de leurs échecs au fil des épisodes.

Notre problème avec l’échec

Notre relation à l’échec est pour le moins étrange. D’abord, nos parents et nos maîtres nous encouragent. Nos échecs nous sont pardonnés. On nous rassure, nous console et on nous incite à recommencer. De surcroît, ils peuvent être vécus comme des moments de bonheur. Ainsi, les chutes qui marquent nos premiers pas ou nos premiers coups de pédales deviennent de grands moments de l’histoire familiale.

Et un jour tout change. La simple erreur devient impardonnable. La moindre faute est sanctionnée. Nous sommes devenus grands et il nous faut être parfaits. Notre éducation et le contexte socioculturel (le monde) nous apprennent rapidement que l’échec est intolérable, qu’il nous rabaisse et nous humilie.

Mais cette façon de faire oublie deux éléments fondamentaux :

  • L’échec est indissociable de la prise de risque.
  • Nous n’avons pas toujours de prise sur les causes de ce que nous considérons comme un échec

Sur le premier point, je vous encourage vivement à vous reporter à l’excellent livre de Charles Pépin « Les vertus de l’échec ». Vous en trouverez une description dans l’article que je lui avais consacré lors de sa sortie.

Quand on subit

Pour le reste, nous devons donc faire face à des situations vécues comme des échecs et sur lesquels nous n’avons aucune prise.

Ces situations peuvent être professionnelles : perte d’emploi, relations difficiles, progression bloquée, augmentation refusée… Ou personnelle : séparation, dispute avec les enfants ou la famille, difficultés financières…

Ces situations provoquent toutes les mêmes émotions : la colère, le découragement, le sentiment d’impuissance. Puis arrivent la peur et la honte qui précèdent la tristesse et la perte de confiance en soi.

Aversion à l’échec ou peur des conséquences ?

Alors, quel est notre vrai problème avec l’échec ? Est-ce vraiment le fait d’échouer qui nous effraye… ou plutôt les conséquences en termes d’image sociale et de sentiments à affronter ?

Soyons honnêtes, ne nous mentons pas, la peur de l’échec n’a rien à voir avec le fait d’échouer dans ce que l’on fait. Non, le problème est exactement le même que celui qui nous empêche de faire des choix : la difficulté d’en assumer les conséquences.

Pourquoi ? Simplement parce que nous n’avons pas été préparés à cela. Parce que nous ne savons pas comment faire. Nous n’avons pas de guide sur lequel nous appuyer.

Pour pallier à cela, je vous propose de découvrir l’approche proposée par Mark Coopersmith, chercheur et maître de conférence à la Haas School of Business de l’Université de Berkeley.

Apprendre de l’échec

L’idée générale à retenir est que l’échec ne doit plus être considéré comme la fin de quelque chose. Au contraire, il est porteur de ce qui vous fera réussir dans le futur.

Par conséquent, il faut apprendre à identifier les opportunités et les enseignements de nos échecs passés. C’est le meilleur moyen de persévérer jusqu’à la réussite… ou de passer à autre chose sans vous sentir accablé. Bref, tout ce que personne ne nous apprend jamais à faire.

7 habitudes pour tirer parti de l’échec

L’approche proposée par Mark Coopersmith repose sur 7 habitudes à acquérir :

7 habitudes pour apprendre de l'échec

  1. Accepter : probablement l’étape qui nous demande le plus grand changement culturel. En effet, il nous faut apprendre que les choses sont ce qu’elles sont, que l’échec est là en dépit de nos efforts. Qu’il fait partie de la vie et qu’il ne sert à rien de rester sur le passé. L’important reste ce que nous allons faire par la suite.
  2. Se préparer : si l’échec fait partie de la vie et doit être accepté comme tel, il nous revient aussi de nous préparer pour limiter son risque d’apparition. Comme Beth Harmon dans « Le jeu de la Dame », nous devons répéter, essayer de nouvelles combinaisons, innover, surprendre, changer le paradigme.
  3. Reconnaître : ne restez pas dans le déni. Adoptez l’attitude de Monsieur Spock, attachez-vous au fait plus qu’à l’émotion qu’il suscite, car c’est elle qui vous empêche d’avancer. L’échec est là, soit… avançons !
  4. Réagir : vous faites face à un échec, de quelle autre solution disposez-vous ? Comment réagir ? Ne vous arrêtez pas, mobilisez vos forces tout de suite pour continuer.
  5. Réfléchir : que s’est-il passé ? Pourquoi ? Vous avez su reconnaître l’échec et mobiliser vos forces ? Alors vous savez analyser la situation avec détachement. Sans affect. En prenant le recul nécessaire. Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi ? Comment l’éviter ?
  6. Rebondir : à ce stade vous disposez de tous les atouts et la confiance nécessaire pour tenter une nouvelle expérience. Tirez les leçons, essayez autre chose, vous allez y arriver !
  7. Se souvenir : la mémoire de vos échecs précédents ne doit pas être un frein au contraire ! Souvenons-nous, apprenons de ces expériences. Elles ne sont que des opportunités d’avancer.

Le travail sur soi

Comme cela a été dit, cette façon d’appréhender l’échec n’est pas dans nos habitudes. Il nous faut souvent aller à l’encontre de ce qui nous a été inculqué depuis notre enfance. Il nous faut combattre toutes ces injonctions qui ont façonné notre personnalité.

De même, il ne faut pas tomber dans le travers qui consiste à se juger sévèrement en pensant se motiver. En effet, vous ne faites qu’entretenir les conditions propices au syndrome de l’imposteur.

Apprendre à échouer, à en tirer les leçons et à repartir est un savant équilibre. Votre sophrologue peut vous accompagner dans cette démarche. Il vous aidera à prendre la distance nécessaire, à renforcer la confiance en vous, à sortir de votre zone de confort et à trouver par vous-même les clés pour avancer.

 

Le succès c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme. Winston Churchill