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Dépression chez l’adolescent : anticiper et accompagner

dépression chez l'adolescent - déprimeLes épisodes de dépression chez l’adolescent sont fréquents durant cette période si spécifique.

En effet, sur quelques années, nos enfants se voient confrontés à de nombreux bouleversements. Ils vivent une véritable métamorphose physique, mais aussi psychologique.

Ils doivent faire face aux conséquences du passage progressif à l’âge adulte : l’autonomie, la confrontation aux choix, la pression sociale…

Tous ces facteurs sont autant de sources de stress qui peuvent provoquer des épisodes de déprime ou de dépression chez l’adolescent.

Une déprime ou une dépression difficile à détecter pour les parents. En effet, elle se cache au milieu de comportements changeants et parfois excessifs.

Aux sources de la dépression chez l’adolescent

Alors qu’il est communément admis que les changements physiques et hormonaux subis par l’adolescent impactent sa vie, on oublie trop souvent les effets de cette vie elle-même.

Devenir adulte nous confronte à des choix. Cela nous oblige à des décisions et des remises en questions auxquelles nous ne sommes pas toujours préparés.

Ainsi, on peut distinguer non pas une, mais deux grandes sources des épisodes de dépression chez l’adolescent :

  1. Le rapport à son corps, à son image et par conséquent sa relation à l’autre
  2. Sa capacité à trouver sa place et à répondre à la pression psychologique liée au passage à l’âge adulte

Le rapport au corps

Le rapport que peut avoir l’adolescent avec son corps induit de nombreuses conséquences sur sa capacité de relations aux autres.

Si notre corps changeait en une nuit, nous n’aurions que la surprise à gérer avant d’attaquer la phase d’acceptation.

Or, à notre plus grand désarroi, cette transition est lente. De surcroît, elle s’accompagne parfois d’états transitoires souvent difficiles à accepter.

À l’adolescence, ce rapport au corps est d’autant plus important, qu’il influe sur l’image de soi. Plus cette image de soi se dégrade et moi l’on a confiance en soi. Or, cette confiance en soi, c’est ce qui nous permet d’aller vers l’autre.

Comme nous le verrons plus bas, aller vers l’autre, c’est s’intégrer au groupe, exister, trouver sa place. À l’âge où l’on découvre l’amour et où l’on construit son identité sexuelle, une image dégradée de son propre corps est un fardeau.

La pression psychologique

De même, l’adolescent fait face à une modification de son statut social. D’enfant il devient adulte et doit, de façon parfois brutale, faire face à des, à ses responsabilités.

Ainsi l’entrée en université ou dans un cycle d’études supérieur peut être source de déprime et dépression chez l’adolescent. Il se trouve confronté aux obligations et contraintes liées à sa toute nouvelle autonomie.

En effet, à ce moment-là s’expriment de nombreuses pressions auxquelles nos adolescents ne sont pas toujours préparés :

  • Celle des parents et de l’entourage sur la nécessité de faire des études pour « réussir ».
  • Les contraintes de l’autonomie : apprendre à s’organiser, à s’occuper de soi, de son loyer, de prendre ses responsabilités et faire des choix
  • La pression sociale, de l’intégration au groupe, d’exister et de trouver sa place.

Il devient important de comprendre que l’autonomie ne signifie pas se débrouiller seul, se sentir abandonné. Pour cette raison, le rôle des parents est essentiel et repose à la fois sur l’anticipation et l’accompagnement.

Anticiper la dépression chez l’adolescent

Comme exprimé plus haut, la déprime et la dépression chez l’adolescent ont ceci de particulier qu’elles sont souvent masquées par d’autres comportements.

dépression chez l'adolescent - adulescence

Ainsi, déprime et dépression chez l’adolescent ne riment pas toujours avec fugue, drogue ou passage à l’acte contre lui même.

Dans un autre ordre d’idées, ce n’est pas parce que votre ado va se lever du pied gauche et ne pas vous adresser un mot de la journée qu’il est dépressif.

Ce n’est pas parce qu’il exprime le besoin de passer plus de temps à l’extérieur qu’il vous fuit.

En effet, ces comportements, comme d’autres, peut-être plus transgressifs, ne sont que l’expression d’un besoin de découverte, d’expérimentation.

Dans ces conditions il est essentiel de garder le contact avec l’adolescent. Il ne faut pas céder à la tentation de baisser les bras en se cachant derrière une acceptation inconditionnelle de ce que l’on croit être un besoin de liberté.

En effet, couper les ponts, c’est perdre toute possibilité de détecter les dérives. De faire la différence entre un jour de mauvaise humeur et un processus d’isolement progressif. De détecter une désaffection pour des activités habituelles ou des problèmes récurrents de sommeil. D’anticiper tous ces signes précurseurs de la déprime de l’adolescent.

Les outils pour lutter

On ne le dira jamais assez, mais maintenir le dialogue avec son adolescent est essentiel. Un dialogue ouvert, basé sur la confiance. Un échange qui permet à chacun d’exprimer ses questionnements et ses angoisses.

L’écoute

Le premier outil indispensable pour anticiper les épisodes de dépression chez l’adolescent est donc l’écoute. Une écoute active, ouverte et sans jugement.

Ainsi donc, c’est à nous parents de prendre l’initiative et de faire ce premier travail. Il nous faut apprendre à gérer de nos propres angoisses sur l’avenir de nos enfants. Nous ne devons pas les reporter sur eux, créant ainsi une pression supplémentaire et inutile.

Puis nous devons leur faire confiance, être les premiers à croire en eux. Mais attention, croire en eux, ce n’est pas les laisser seuls face à leurs actes.

Au fond, aider nos enfants à passer sereinement cette période entre enfance et adolescence n’est rien de moins que de les aider à sortir de leur zone de confiance.

Comme nous l’avions vu dans un précédent article sur ce sujet, l’essentiel dans ce processus est de savoir qu’il existe toujours une zone de calme où revenir.

Par conséquent, le meilleur moyen de rendre nos enfants autonomes reste de leur apprendre qu’il y aura toujours quelqu’un sur qui s’appuyer. Que l’autonomie est progressive et qu’ils ont le droit à l’erreur. Un droit à l’erreur autant dans l’apprentissage de l’autonomie que dans leurs études.

Le lâcher-prise

Une fois encore, c’est aux parents de faire un travail sur eux. Nous sommes dans un système où les enfants (mais plus souvent les parents) doivent effectuer des choix d’orientation bien trop tôt.

Combien d’adolescents partent dans des filières sans vraiment savoir si cela leur convient ? Combien se lancent dans des parcours sélectifs et difficiles sans la motivation nécessaire, mais poussés par la pression sociale et la nécessité de « réussir »?

Dans ces conditions, c’est encore à nous, parents, de lâcher-prise. D’accepter que nos enfants fassent ce qui leur plaît, ce dans quoi ils vont s’épanouir.

Ainsi, j’ai vu un jeune adulte, en dernière année d’une école parisienne prestigieuse, décider de tout abandonner et partir chez les compagnons du devoir. Aujourd’hui, c’est un artisan brillant qui adore son métier et s’épanouit dans sa vie comme dans son métier.

La sophrologie et l’image du corps.

Il est un moment où l’action du parent atteint ses limites, en particulier quand il est question de la construction de l’image de son corps.

Vouloir s’orienter immédiatement vers un psychologue ou un psychothérapeute n’est pas nécessairement une bonne idée.

Ces approches, parfois nécessaires, sont souvent lourdes. Si la situation ne le mérite pas, elles ne font que renforcer le sentiment de « faute » ou de « faiblesse » de l’adolescent.

Pour certains, le sport peut aider à restaurer un déficit, à construire une image de son propre corps telle qu’il l’aime. Pour d’autres, les choses peuvent être plus difficiles.

Le travail proposé par la sophrologie peut être une aide, car il couvre différents domaines connexes. Ainsi, en reprenant contact avec son corps par le biais de la redécouverte de ses sensations, l’adolescent en reprend possession.

Apprendre à se connaître, à s’accepter, à ne plus se focaliser sur un éventuel regard de l’autre, modifie le rapport à son corps. Apprendre à s’aimer est le premier pas pour apprendre à aimer l’autre, à s’ouvrir à lui.

Une démarche partagée

Ce travail de fond sur le rapport au corps et la confiance en soi peut s’aborder de façon personnelle, dans une relation unique entre l’adolescent et le sophrologue. Mais elle peut également être envisagée comme une expérience multiple, dans laquelle le parent est partie prenante.

Si la démarche est faite dans un esprit de partage et d’accompagnement, elle peut être totalement bénéfique. En effet, elle démontre que votre adolescent peut s’appuyer sur vous, que vous l’accompagnez, que vous êtes à ses côtés, sans jugement.

Pour finir, la sophrologie permet à l’adolescent d’acquérir des techniques et des outils pour calmer et maîtriser les angoisses du quotidien. Cette démarche active permet de lutter contre les symptômes physiques les plus courants chez eux : le symptôme de la tête vide, l’incapacité à se concentrer et les maux de tête qui en découlent.

Pour aller plus loin

Par |2018-04-29T14:08:54+00:0013/11/2017|Dépression, Enfants, Lâcher-prise|

18 Comments

  1. Brigitte Plasse
    Brigitte Plasse 10 août 2018 à 21 h 18 min

    Bonsoir…
    Je peux témoigner ici que la demande vient parfois des ado eux-mêmes.
    J’ai accompagné 2 jeunes filles de 15 et 16 ans qui avaient rencontré la pratique sophrologique avec moi au primaire.
    Elles s’en sont souvenu dès que les angoisses sont apparues….

  2. Sabine Pernet
    Sabine Pernet 10 août 2018 à 19 h 20 min

    Pour compléter ce que vient de dire Martine Gueusquin, j’ajouterai que l’article propose bien d’anticiper. J’y parle de l’importance primordiale pour les parents de garder le contact avec son adolescent et d’établir un dialogue. Sans ce lien et ce dialogue, rien ne peut s’établir. L’alliance se fait déjà à ce stade. Ce sont ce lien et ce dialogue qui vont permettre aux parents de détecter les situations à risque et de proposer l’intervention du praticien. Ce dialogue permet également de nous poser comme acteur « neutre » (tiens, nous y revoilà !) Mais neutre dans l’échange parent/enfant (ne reprenons pas l’échange sur la neutralité absolue…)

  3. Martine Gueusquin
    Martine Gueusquin 10 août 2018 à 19 h 14 min

    Je comprends votre interrogation. Comment créer une alliance avec un enfant ou un adolescent qui n’est pas à l’origine de la demande d’aide ? C’est vrai que le recours à un thérapeute part rarement de l’enfant , mais avant tout de ses parents, néanmoins la demande existe pourtant bien chez l’enfant à travers une multitude de symptômes A nous de l’entendre et de créer une alliance tant avec le mineur qu’avec ses parents.

  4. Pierre Barbarossa
    Pierre Barbarossa 10 août 2018 à 18 h 04 min

    d’ailleurs je pense qu un débat pourrait être ouvert sur le fait de faire de la sophro avec des mineurs , j’entend par la d’une sopro imposé par un adulte

  5. Pierre Barbarossa
    Pierre Barbarossa 10 août 2018 à 16 h 48 min

    Un des soucis et que souvent le adolescent considére le fait de aller voir un thérapeute comme une humiliation et même une incompréhension de la part des adultes ,enfin l’aspect  » bizarre  » de la sophro risque de compliquer le contrat .Pas évident de avoir un consentement sincère. .. Sans doute dans un 1 temps un bon psychologue sera plus efficace dans le sens de la cure de parole .Les aromatherapie telle que le millepertuis ou les fleurs de bach ont parfois un effet surprenant.

  6. Catherine Crohin
    Catherine Crohin 10 août 2018 à 16 h 20 min

    Merci pour cet article . Je peux en témoigner si en tant que parent nous adoptons cette attitude de non jugement, d écoute de patience de confiance auprès de nos adolescents en mal être nous pouvons les aider à ne pas complètement sombrer et à reprendre le cours de leur vie pas à pas…
    Alors oui la sophrologie peut aider en complément de consultations psy les ados dans cette épreuve mais aussi les parents.
    Belle fin de journée

  7. Michèle Rousset
    Michèle Rousset 14 novembre 2017 à 10 h 01 min

    Bien sûr il faut anticiper, car le rôle des parents est également être attentifs à leurs enfants, à leurs craintes, à leurs plaisirs, et discuter de tout sujet avec eux….

  8. Christelle Constant Jeanny
    Christelle Constant Jeanny 13 novembre 2017 à 23 h 17 min

    Merci Sabine !

  9. Véro Galès
    Véro Galès 13 novembre 2017 à 22 h 16 min

    Merci Sabine. C’est très intéressant.

  10. Audrey Franquelin
    Audrey Franquelin 13 novembre 2017 à 20 h 46 min

    Merci Sabine du partage

  11. Christianne 13 novembre 2017 à 14 h 16 min

    Bonjour
    Merci pour vos articles qui sont pour moi source d’ inspiration
    Je suis sophrologie et j interviens pour une première fois au lycée
    Auriez vous quelques points essentiels vers lesquels je peux m orienter car je n ai que six séances et cela me semble être un peu court
    Mais pas d autres choix
    Merci
    Bien à vous
    Nicole Christianne

    • Sabine PERNET 13 novembre 2017 à 15 h 47 min

      Bonjour Nicole,
      Je pense que dans votre cas, le livre d’Isabelle Lefèvre-Vallée est tout à fait adapté. Il vous permettra d’aborder le sujet mais aussi de disposer d’un ensemble d’activités pertinentes à explorer.
      Sur 6 séances, je pense qu’il faut se concentrer sur les techniques de base de la relaxation dynamique, la gestion du stress et la confiance en soi… même réduit à ces 3 sujets, cela fait effectivement court…

  12. Fabienne Brécy Sophrologue - Énergéticienne
    Fabienne Brécy Sophrologue - Énergéticienne 13 novembre 2017 à 12 h 44 min

    Merci pour ce Partage.

  13. Sylvie Jolimay
    Sylvie Jolimay 13 novembre 2017 à 12 h 26 min

    Je partage aussi merci

  14. Leïla Lahsen
    Leïla Lahsen 13 novembre 2017 à 11 h 10 min

    Merci Sabine.

  15. Sabine Pernet
    Sabine Pernet 13 novembre 2017 à 10 h 58 min

    Merci à tous pour vos partage. Je viens de voir passer un autre document sur le sujet qui a l’air assez intéressant !

  16. Naert Patricia Assoc-hyacintha
    Naert Patricia Assoc-hyacintha 13 novembre 2017 à 10 h 39 min

    Je partage egalement

  17. Valérie Ou Lélie
    Valérie Ou Lélie 13 novembre 2017 à 10 h 39 min

    Merci Sabine, je partage

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