
La catch-up culture commence par un petit “je regarderai ça plus tard” et finit par remplir votre tête d’onglets ouverts, de notifications et de “retards” imaginaires.
Vous avez l’impression de courir après quelque chose qui avance toujours un peu plus vite que vous.
Et pendant que vous essayez de suivre le mouvement, la FOMO grimpe sur le bateau, agite les bras et vous susurre que si vous levez la rame, vous allez tout manquer. Résultat : vous ramez encore plus fort, sans savoir vers où vous allez vraiment.
Dans cet article, on va regarder la catch-up en face, comprendre d’où elle vient, comment elle se manifeste, ce qu’elle fabrique en profondeur. Puis on verra comment elle se marie si bien avec la FOMO, et surtout comment la sophrologie peut vous aider à descendre du bateau sans culpabiliser.
Catch-up culture : l’impression d’être “à la traîne” même en courant
La catch-up, au fond, c’est ce décalage permanent entre ce que vous vivez et ce que vous pensez “devoir” avoir déjà vu, lu, su ou compris. La catch-up crée un léger retard mental permanent : vous n’êtes jamais totalement à jour, jamais complètement à côté, juste un peu en décalage.
Et cette sensation floue suffit pour enclencher le mécanisme. Vous consultez vos mails, vos messageries, vos réseaux, vos plateformes de formation. Et vous voyez tout ce que vous “pourriez” rattraper. A ce moment là, vous sentez monter une pression sans forme précise, mais bien réelle.
Par moments, la catch-up prend même un air raisonnable. Elle vous dit que vous faites simplement preuve de sérieux, d’engagement, de conscience professionnelle. Déguisée en vertu. Elle vous murmure que les personnes “compétentes” restent informées. Et vous la croyez, parce qu’on vous a appris que la valeur se mesure souvent à la quantité de choses que l’on gère en même temps.
En réalité, la catch-up n’est pas un signe de faiblesse individuelle. C’est un mode de fonctionnement collectif dans lequel vous essayez juste de ne pas vous noyer.
D’où vient cette catch-up culture qui vous colle aux baskets ?
La catch-up culture ne tombe pas du ciel. Elle est la conséquence logique de plusieurs glissements silencieux.
Pour commencer, le monde numérique a transformé l’information en flux continu. Vous ne “cherchez” plus les infos, elles vous tombent dessus. Elles arrivent par vagues, par notifications, par suggestions automatiques. Vous êtes branché en permanence sur un robinet que personne ne ferme jamais.
D’autre part, le monde du travail a intégré cette logique. Les organisations valorisent l’agilité, la montée en compétences, la “mise à jour” régulière. On ne vous demande plus seulement de faire votre métier, mais aussi d’anticiper le métier d’après, les outils d’après, les tendances d’après. La catch-up devient une condition implicite pour rester “dans le jeu”.
Enfin, la dimension sociale fait le reste. Les réseaux exposent les réussites, les formations suivies, les projets lancés, les lectures en cours. Vous voyez la vitrine de la vie des autres, rarement l’arrière-boutique. Et vous comparez votre rattrapage de tous les jours avec leur montage “best of”.
Ainsi, la catch-up culture se présente comme une simple adaptation. En réalité, elle devient un standard qui fatigue presque tout le monde et profite à très peu de monde.
À quoi ressemble la catch-up dans votre quotidien ?
La catch-up ne se manifeste pas seulement sur votre écran, elle s’imprime dans vos journées.
Parfois, elle ressemble à une liste infinie de “je verrai ça ce soir”. Vous mettez des articles de côté, des vidéos en favoris, des podcasts dans une playlist. Vous accumulez du contenu comme d’autres accumulent des cartons à la cave.
Souvent, elle s’invite dans votre langage. Vous dites “je suis à la bourre sur mes mails”, “je n’ai pas encore regardé ce webinaire”, “je dois me mettre à jour sur ce sujet”. Vous parlez comme si vous deviez rendre des comptes à un professeur invisible qui corrige votre copie en temps réel.
Et, sans que vous vous en rendiez compte, la catch-up s’inscrit dans votre corps. La respiration devient plus courte, le dos se crispe, le sommeil est moins profond. Vous vous réveillez déjà en mode rattrapage. Vous démarrez la journée avec l’impression d’avoir déjà une dette de temps.
Ce n’est plus de la curiosité, ni de l’envie d’apprendre. C’est une course permanente pour éviter la sensation d’être “à la traîne”.
Les dégâts silencieux de la catch-up culture
La catch-up culture pourrait passer pour un simple inconfort si elle ne s’attaquait pas à des zones sensibles : l’attention, l’image de soi, le rapport au temps.
D’abord, elle fragilise la capacité de concentration. Quand tout est à rattraper, plus rien n’est vraiment approfondi. Vous effleurez tout, vous n’habitez plus rien. L’esprit passe d’un sujet à l’autre sans jamais atterrir.
Puis elle abîme la confiance. La catch-up installe l’idée que vous devriez toujours faire plus, savoir plus, répondre plus vite. Vous avez l’impression qu’il manque en permanence “un petit quelque chose” pour être à la hauteur. À force, ce “petit quelque chose” prend la taille d’un gouffre.
En parallèle, elle distord le rapport au temps. Le présent devient un couloir à traverser pour aller rattraper ce qui vous attend “juste après”. Vous avez du mal à vous autoriser à ne rien faire, à ne pas consommer de contenu, à ne pas optimiser. Le repos devient suspect, presque coupable.
Et le corps encaisse l’addition. Les tensions musculaires deviennent le nouveau normal. Les insomnies d’anticipation se multiplient. La fatigue émotionnelle s’installe. Vous êtes en mode catch-up permanent, mais c’est surtout votre énergie vitale qui se fait distancer.
Quand la FOMO grimpe dans le bateau de la catch-up
À ce stade, la FOMO trouve naturellement sa place. Elle ne débarque pas par hasard. Elle profite du terrain déjà préparé par la catch-up culture.
La FOMO, c’est cette peur sourde de manquer quelque chose : une information, une tendance, une conversation, une opportunité. Vous trouverez une analyse détaillée de la FOMO, de la JOMO et de la MOMO dans un article du blog, dédié à ces sentiments. Ici, l’enjeu est plutôt de regarder comment la FOMO se connecte à la catch-up.
Concrètement, la FOMO agit comme un amplificateur. Elle prend le petit écart que vous ressentez déjà avec la catch-up et le transforme en menace :
- “Si tu n’ouvres pas ce mail maintenant, tu vas rater un truc important.”
- “Si tu ne suis pas cette formation, tu vas être largué.”
- “Si tu n’es pas présent dans cette conversation, tu vas disparaître du radar.”
La catch-up fournit le décor : un monde où tout va vite et où vous êtes déjà un peu en retard. Et la FOMO fournit la bande-son émotionnelle : la peur de perdre quelque chose en plus.
Vous l’avez compris, vous vous retrouvez au milieu, à pagayer plus fort pour calmer une inquiétude qui ne se calme jamais.
Comment catch-up et FOMO se nourrissent l’une l’autre
Lorsque la catch-up et la FOMO se rencontrent, elles ne se contentent pas de cohabiter. Elles se renforcent mutuellement.
D’un côté, la FOMO pousse à agir immédiatement. Vous cliquez, vous lisez en diagonale, vous participez, vous vous inscrivez. Vous accumulez encore plus de choses à rattraper “correctement” plus tard. La catch-up se frotte les mains : elle a de la matière pour vous occuper longtemps.
De l’autre, la catch-up entretient un fond de retard permanent. Plus vous avez de choses en attente, plus la FOMO trouve des occasions d’entrer en jeu. Chaque nouvelle information ressemble à une potentielle bombe à retardement : “si je ne m’en occupe pas, il va se passer quelque chose”.
Alors le cycle devient circulaire : la FOMO déclenche des réactions rapides. Puis la catch-up transforme ces réactions en dettes mentales. Et pour finir, ces dettes nourrissent à leur tour la peur de manquer.
Bref, votre système nerveux fait ce qu’il peut pour suivre. Et c’est souvent au prix d’un épuisement progressif.
Ce que cette boucle catch-up / FOMO fait à votre identité
Au-delà de la fatigue, la boucle catch-up / FOMO vient toucher quelque chose de plus intime : la manière dont vous vous percevez.
Avec le temps, vous ne vous définissez plus seulement par ce que vous faites, mais par ce que vous ne faites pas “encore”. À travers le prisme de ce qui reste à rattraper. Et vous vous jugez sur vos listes incomplètes plutôt que sur vos avancées réelles.
Ensuite, vous avez tendance à confondre “être informé” et “être légitime”. Vous avez l’impression qu’il vous manque toujours une ressource, un article, un livre, un webinaire avant de pouvoir prendre la parole ou vous sentir crédible. La catch-up devient une condition préalable à l’estime de soi. (Je pense qu’à ce stade, plusieurs collègues se retrouveront…)
Parfois, cette boucle vous met même à distance de vos propres besoins. Vous sentez la fatigue, mais vous la négociez. De même, vous entendez vos limites, mais vous les déplacez. Même si vous savez que vous avez besoin de repos, vous remettez ce repos à plus tard, juste après le prochain rattrapage.
Petit à petit, vous ne ramez plus seulement pour rester à bord. Vous ramez pour mériter d’y être… jusqu’au burn-out.
Ce que la sophrologie change concrètement dans ce scénario
La bonne nouvelle, c’est que ce scénario n’est pas figé. La catch-up culture et la FOMO ont besoin d’un certain terrain intérieur pour prospérer. Et c’est précisément ce terrain que la sophrologie vient transformer.
D’abord, la sophrologie remet la respiration au centre. Quand le souffle se calme, le système nerveux autonome reçoit un signal clair : le danger n’est plus immédiat. La pression interne baisse d’un cran. La catch-up perd une partie de sa force persuasive, parce que le corps n’est plus en mode urgence permanente.
Ensuite, la sophrologie réinstalle la présence. Les pratiques de concentration sur le corps, sur les sensations, sur l’instant, recréent un point d’ancrage solide. Vous n’êtes plus uniquement branché sur le flux extérieur, vous retrouvez une existence intérieure qui ne dépend pas d’une notification.
Puis, la sophrologie ouvre un espace de tri. Grâce aux exercices de visualisation et de projection, vous clarifiez ce qui est vraiment important pour vous, ici et maintenant. Vous ne consommez plus les informations de manière réflexe. Mais vous les choisissez. Enfin, vous retrouvez le droit de ne pas tout suivre.
Et, petit à petit, la sophrologie vous aide à reposer les rames. Pas en abandonnant le bateau, mais en reprenant la main sur la manière dont vous voulez naviguer.
Reprendre la barre : sophrologie, choix et rythme personnel
Le travail ne consiste pas à “débrancher” la catch-up et la FOMO une bonne fois pour toutes. Il s’agit plutôt de reconstruire un rapport plus sain à l’information, au temps et à vous-même.
Grâce à la sophrologie, vous apprenez à repérer vos signaux d’alerte : accélération du souffle, crispations, pensées qui tournent en boucle autour de ce que vous n’avez pas fait. Vous ne les prenez plus comme des preuves de votre insuffisance, mais comme des indicateurs de surcharge.
De même, vous développez une nouvelle forme de permission intérieure : vous vous autorisez à ne pas tout suivre, à ne pas tout rattraper, à ne pas répondre tout de suite. Et vous découvrez que le monde continue de tourner, même quand vous ne l’avez pas entièrement “catch-upé”.
Et vous redécouvrez un principe simple : votre droit d’exister en dehors du flux. Vous avez le droit d’être présent à une seule chose à la fois. Vous avez le droit de poser un temps de pause sans avoir à le justifier.
La sophrologie ne supprime pas la complexité du monde. Elle vous donne des outils pour ne pas vous y dissoudre.
Catch-up et FOMO tombent du bateau… et vous changez de façon de naviguer
La catch-up culture et la FOMO ne disparaîtront pas de la société demain matin. Elles font partie de notre époque, de ses excès, de ses contradictions. Cependant, elles n’ont pas à gouverner votre manière de vivre, de travailler, d’apprendre.
En apprenant à ralentir de l’intérieur, à écouter ce qui se passe dans votre corps, à repérer les moments où la peur de manquer prend les commandes, vous changez la manière dont vous êtes présent au monde. Vous ne quittez pas le bateau. Vous cessez simplement de ramer pour deux.
Et, sur ce nouveau rythme, quelque chose de précieux réapparaît : de l’espace mental, de la clarté, un sentiment de suffisance tranquille. Vous ne vivez plus en mode catch-up, vous vivez à nouveau en mode humain.
Vous avez aimé cet article ?
N'en ratez plus aucun : inscrivez-vous à notre lettre mensuelle.
Tous les mois, vous recevrez un mail avec l'ensemble des articles parus durant cette période.
Pas de spam, pas de publicité : vous n'aimez pas cela, nous non plus.
Laisser un commentaire