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Réseaux sociaux et adolescents : l’illusion d’exister

Réseaux sociauxPour nos adolescents, les réseaux sociaux font partie du quotidien. Ils sont parfois même le quotidien et influent directement sur leurs activités et leurs façons d’être ou de se construire.

À une période de la vie essentielle dans la construction de sa personnalité et de son individualité, on peut se poser la question de l’influence de ces réseaux sociaux.

L’existence virtuelle, les échanges restreints à quelques centaines de caractères et une relation bâtie l’image et la notoriété permettent-ils de construire de futurs adultes bien dans leur vie ?

Nos enfants et les réseaux sociaux

Entre la baisse des tarifs de l’internet, l’écroulement des forfaits téléphoniques et le prix des ordinateurs et des téléphones qui ne cessent de se réduire, l’accès à internet, et donc aux réseaux sociaux, n’a jamais été autant facilité que depuis ces 3 ou 5 dernières années.

Adolescents et réseaux sociaux

Si cela ouvre des perspectives éducatives, par l’accès à la culture au plus grand nombre, on note également un changement significatif des comportements. En particulier du comportement de nos adolescents.

L’infographie nous montre à quel point les écrans, internet et les réseaux sociaux sont rentrés dans la vie de nos enfants. Mais en arrivant dans nos vie, cet outil bouleverse les relations qui peuvent exister au sein même de la famille.

Un adolescent passera ainsi près de 19 fois plus de temps sur internet, et certainement sur les réseaux sociaux, qu’à discuter avec ses propres parents.

Avec 80% des jeunes interrogés qui possèdent un compte sur les réseaux sociaux et 43 % d’entre eux qui se connectent plusieurs fois par jour, je pense que nous pouvons parler d’une utilisation massive de ces réseaux sociaux.

Au-delà des chiffres, deux questions se posent aux parents :

  1. Quelle influence sur la construction de la personnalité de mon enfant ?
  2. Comment leur éviter de tomber dans l’addiction ?

L’illusion des réseaux sociaux

Derrière l’image idyllique des réseaux sociaux qui relient les hommes et les femmes de tous horizons se cache une réalité bien différente. Je vous passerai ici les problèmes liés à toutes les formes de délinquances pour nous concentrer sur d’autres aspects tout aussi importants.

Les réseaux sociaux sont, en apparence, le meilleur moyen de répondre à notre besoin de contacts, de vie sociale. Dans les faits, ils ne nous rendent pas plus heureux comme le démontrent des études Australiennes ou Américaines.

Pire, Facebook, le modèle des réseaux sociaux, provoquerait une forme de dépression comme le montre l’étude menée en Norvège et qui confirme d’autres travaux menés par les pédiatres de l’American Academy of Pediatrics (AAP).

Ces études nous montrent que, les réseaux sociaux étant construits autour de principes comme la popularité et l’image, ils modifient les comportement. Les actes de nos ados, leurs échanges sont plus tournés vers ce qui va « plaire » et contribuer à leur popularité que vers la construction de leurs propres valeurs.

Ces mêmes études constatent que les réseaux sociaux créent un stress lié à une distorsion du concept d’urgence. On se sent obligé de répondre vite aux multiples sollicitations, parce qu’elles nous donnent le sentiment d’exister. A l’inverse, le fait de ne pas recevoir de réponses immédiates à nos propres messages devient source de frustration.

Dans le monde réel, les relations d’amitié ont une véritable signification. Nous avons des connaissances, des personnes avec qui l’on a des relations sociales convenues, et des amis sur qui l’on peut compter. Des amis qui seront à vos côtés et que vous ne lâcherez pas en cas de coup dur. Que signifie le concept d’amis, développé par les réseaux sociaux, au regard de ce que peut représenter un ami dans la vie ?

Le caractère virtuel et l’anonymat relatif des réseaux sociaux modifient également les comportements en libérant la parole et en atténuant le sentiment de gravité de ses actes ou de ses paroles.

Malheureusement, les réseaux sociaux sont aussi d’énormes caisses de résonance et ont une mémoire infaillible. Le moindre écart peut être amplifié au-delà du raisonnable et ne jamais s’effacer complètement.

Pouvons-nous laisser les futurs adultes que sont nos adolescents se construire autour de ces éléments ? Avec quelles conséquences ?

Ne faut-il pas essayer de privilégier le véritable dialogue, les aider à se construire autour de valeurs comme le respect, l’altruisme et bien d’autres qui ne peuvent se développer qu’au contact d’individus réels?

Le phénomène d’addiction ou cyberdépendance

Dans le cas des réseaux sociaux, ce phénomène est assez paradoxal. En effet, l’addiction naît du fait que, pour nos ados, ces réseaux semblent offrir une opportunité beaucoup plus grande de communiquer avec des personnes qui leur ressemblent plutôt que de « subir » son entourage.

« L’enfer, c’est les autres » – Sartre

Paradoxale, car cette addiction se manifeste parfois par une perte de poids ou un désinvestissement scolaire, mais le plus souvent par la difficulté à communiquer avec l’entourage non virtuel. Cette situation peut aller jusqu’à la rupture des liens sociaux et affectifs.

Cette addiction est donc à considérer au même titre que n’importe quelle autre. En fonction de sa gravité, il peut être nécessaire de recourir à un thérapeute. Par la suite, un sophrologue pourra aider votre adolescent à reconstruire une autre image de soi, s’ouvrir aux autres et faire la part des choses entre virtuel et réel.

Complètement mauvais ?

Les réseaux sociaux sont-ils complètement mauvais ? Non, je ne le pense pas. Ils font partie de la vie, des outils de travail et d’échange et nos enfants doivent apprendre à les utiliser.

C’est à nous, parent de leur en donner les clés. C’est par des actions simples, comme multiplier les activités ou les centres d’intérêts et d’échange avec nos enfants, que nous pouvons leur donner toute la mesure de l’importance des relations humaines, du temps et de l’urgence… bref, de tout ce qui combat le stress !

Par |2018-08-02T14:51:19+00:0023/02/2015|Enfants|

7 Comments

  1. Pascale Rocher 25 février 2015 à 14 h 14 min

    Merci Sabine, je partage, bravo

  2. Sabine Pernet
    Sabine Pernet 23 février 2015 à 19 h 41 min

    Merci à vous Bernadette Debeaulieu Maitre

  3. Bernadette Debeaulieu Maitre 23 février 2015 à 19 h 04 min

    Très juste !

  4. Muriel Clerc Rota
    Muriel Clerc Rota 23 février 2015 à 15 h 11 min

    Merci de m’avoir ajouté dans votre groupe. Bonne semaine à tous.

  5. Marie-Pierre Mouneyres
    Marie-Pierre Mouneyres 23 février 2015 à 11 h 29 min

    Quelle tristesse !

    • Sabine Pernet - Sophrologue
      Sabine Pernet - Sophrologue 23 février 2015 à 12 h 08 min

      Tristesse ? Je préfère penser que le rôle des parents trouve ici toute son importance. J’en reviens souvent à cette phrase de Diderot que j’aime beaucoup :  » Il faut éclairer la conscience et non la contraindre ».

  6. Sabine Pruvost
    Sabine Pruvost 23 février 2015 à 11 h 07 min

    tout à fait d’accord !

Les commentaires sont fermés.

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