La fatigue après les vacances peut donner l’impression que quelques jours de reprise ont effacé tout le repos accumulé.
Dès le lundi, les horaires se resserrent, les messages s’empilent et les obligations reprennent leur place.
Pourtant, la reprise du travail après les vacances n’annule pas leurs bienfaits. Elle superpose de nouvelles sollicitations aux ressources retrouvées.
Comprendre ce décalage permet d’écarter une conclusion décourageante — « mes vacances n’ont servi à rien » — et de préserver ce qu’elles ont apporté.
Les vacances nous reposent plus longtemps qu’on ne le pensait
Une méta-analyse publiée en 2025 apporte un éclairage rassurant. En réunissant 32 études menées dans neuf pays, ses auteurs montrent que les vacances améliorent le bien-être des salariés. Surtout, cet effet positif persisterait plus longtemps que ne le laissaient penser les recherches précédentes.
La manière de vivre ses congés compte toutefois beaucoup. Le bénéfice est plus marqué lorsque la personne parvient à se détacher psychologiquement de son travail. Quitter le bureau ne suffit donc pas si les dossiers continuent de tourner dans la tête ou si les courriels restent à portée de main. L’activité physique, même modérée, semble également favoriser la récupération.
Ces résultats donnent une autre lecture de la fatigue liée au stress professionnel. Les vacances restaurent bien certaines ressources. Cependant, rien ne garantit que le quotidien leur laissera ensuite assez de place pour se maintenir.
Pourquoi ressent-on une fatigue après les vacances ?
Le retour concentre plusieurs changements : réveil plus matinal, trajets, boîte mail saturée, décisions en attente et organisation familiale. À cela s’ajoute la disparition des temps librement choisis. Le contraste peut être brutal après une période durant laquelle le rythme et les moments de repos dépendaient davantage de soi.
Cette fatigue ne signifie donc pas que le repos a disparu. Elle traduit aussi l’effort d’adaptation demandé par la reprise. Le corps retrouve ses horaires, tandis que l’attention passe d’une sollicitation à l’autre. Progressivement, les ressources récupérées deviennent moins perceptibles sous le poids de ce qui réclame déjà une réponse.
Le repos n’a pas disparu : il se retrouve enfoui sous tout ce que la reprise lui impose déjà.
Cette nuance change le regard porté sur les premiers jours. Au lieu de chercher immédiatement à « tenir le rythme », il devient possible d’observer ce qui empêche la récupération de se poursuivre.
Une pause ne permet pas toujours de récupérer
S’arrêter quelques minutes et récupérer ne désignent pas exactement la même chose. Une pause passée à consulter les notifications ou à prévoir le lendemain maintient une partie du mental au travail. Certes, l’activité principale s’interrompt, mais la mobilisation intérieure continue.
La récupération suppose une coupure plus franche, même très courte. Elle apparaît lorsque l’attention quitte réellement les exigences professionnelles, que le corps relâche une part de ses tensions et qu’une sensation de liberté revient. Une micro-pratique comme les 17 secondes pour soi peut déjà amorcer ce changement. Pour prolonger l’effet, un véritable sas entre le travail et la vie personnelle reste toutefois plus adapté.
Un sas quotidien pour prolonger les bienfaits du repos
Ce rituel de sophrologie demande cinq à sept minutes. Il peut se pratiquer en rentrant, avant de quitter son lieu de travail ou en fin de télétravail.
Marquer la fin de l’effort
Commencez par relâcher les épaules et la mâchoire. Quelques mouvements doux des bras ou du cou aident le corps à percevoir que la séquence professionnelle se termine.
Laisser la respiration ralentir
Respirez ensuite sans forcer, en laissant l’expiration devenir légèrement plus longue. Peu à peu, le rythme intérieur peut redescendre sans qu’il soit nécessaire de chercher un calme parfait.
Revenir aux sensations présentes
Portez votre attention sur les appuis, la température de l’air ou les mouvements de la respiration. Ce retour au corps coupe momentanément le fil des préoccupations et redonne une place à ce qui se vit maintenant.
Déposer mentalement la journée
Identifiez ce qui est terminé, puis ce qui attendra demain. Vous pouvez imaginer que vous déposez symboliquement le travail à un endroit précis. Cette transition ne recrée pas les vacances ; elle entretient leur mécanisme protecteur : relâchement, présence et séparation mentale.
Le repos se préserve après la reprise du travail
Préserver les bienfaits des vacances ne demande pas d’ajouter un programme exigeant à une rentrée déjà chargée. Mieux vaut conserver une activité physique agréable, éviter de remplir toutes les soirées et fixer une limite aux messages professionnels. Les rituels favorisant un sommeil réparateur peuvent également soutenir cette récupération quotidienne.
Au fond, les vacances ne constituent pas une réserve fragile qu’il faudrait garder intacte. Elles rappellent surtout que le corps et le mental savent récupérer lorsque les conditions le permettent. Le véritable enjeu consiste alors à recréer régulièrement ces conditions, sans attendre d’être de nouveau épuisée.
Bibliographie
- Grant, R., Buchanan, B. et Shockley, K. (2025). I Need a Vacation: A Meta-Analysis of Vacation and Employee Well-Being, Journal of Applied Psychology.
- Dupret, É., Bocéréan, C., Feltrin, M., Chemolle, É. et Lebon, J. (2018). L’échelle de besoin de récupération : adaptation et validation françaises, Santé Publique, 30(4), 445-454.
- Rousseau, A. et Bertholet, J.-F. (2023). Se déconnecter du travail : un droit en devenir ou une responsabilité collective ?, Gestion, 48(2), 106-107.
- Assurance Maladie (2025). L’activité physique et sportive : un atout essentiel pour le bien-être.
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