DébordéDébordé !

Un nombre incalculable de choses à faire. Le manque de temps pour les faire. Le sentiment de ne jamais savoir par où commencer…

Qui n’a jamais connu ce trio infernal face à la vague qui nous submerge tous les jours ?

Dans ces conditions, nous sommes nombreux à tenter de nous organiser.

Notamment à l’aide de méthodes plus ou moins abouties. Du post-it au bullets journal en passant par le GTD, tout y passe.

Pourtant, rien n’y fait nous sommes toujours aussi débordés ! Les choses non faites continuent à s’accumuler.

Au dépit de ne pas arriver à réduire son “retard” s’ajoute la frustration de l’échec. Malgré le temps investi dans la méthode qui devait nous sauver, rien ne change.

Et si la solution résidait dans notre façon d’aborder les choses ? Finalement qu’est-ce qu’être débordé ? Pourquoi est-ce si terrible ? Est-ce que nous ne le cherchons pas un peu ?

Qu’est-ce qu’être débordé ?

En premier lieu, il semble intéressant de définir ce que “débordé” signifie. En effet, tout le monde voit assez bien ce que représente un verre ou tout autre récipient qui déborde. Mais cela ne s’applique pas à l’être humain.

Nous n’avons pas une contenance maximum. Et si c’était le cas, elle ne serait pas fixe dans le temps.

Par conséquent, si cela ne relève pas de la physique alors cela touche à la psychologique. Et pour être plus précis, c’est un sentiment qui résulte d’une construction mentale bâtie autour de 3 idées principales :

  • L’impression d’avoir beaucoup de choses à faire.
  • Le sentiment de ne pas avoir le temps de tout faire.
  • L’idée de ne pas savoir par où commencer ni comment s’organiser

Si les choses s’arrêtaient là, nous arriverions à gérer. Malheureusement ce sentiment d’être débordé à des conséquences :

  • Un sentiment de perdre tout contrôle qui peut aller jusqu’à la panique et la sidération… et l’abandon face à la charge qui en résulte.
  • Un jugement négatif de soi-même. Ce sentiment est très souvent ressenti comme venant des autres.

Attention aux fausses pensées

Le sentiment d’être débordé est donc le résultat de nos pensées. Ce n’est pas un élément tangible, extérieur à nous même.

Effectivement, ce sentiment d’être débordé n’est que le résultat de la perception de notre emploi du temps, comparée à l’estimation de notre capacité à y faire face !

J’en vois déjà qui veulent sortir leur longue liste de tâches pour me montrer que nous sommes dans le dur. Loin de la notion de perception… et pourtant ! Nous verrons pourquoi plus tard.

Donc, le sentiment d’être débordé n’est pas issu d’un fait externe, mais bien de notre perception. Dans ces conditions, il devient nettement plus facile de comprendre pourquoi, quoi que vous fassiez pour alléger votre charge, vous finissez toujours par manquer de temps.

Quand changer ne changer rien

Bien sûr, il y a la fameuse loi de Parkinson. Mais l’essentiel vient aussi de vous. Vous avez du mal à y croire ? Faites un bon en arrière.Vous qui êtes si occupé aujourd’hui, à quoi passiez-vous tout votre temps libre avant d’avoir un travail aussi prenant, une famille, une maison à entretenir, des activités sportives ou culturelles ?

En fait, il a de fortes chances qu’à cette époque vous n’ayez pas eu plus de temps “libre” qu’aujourd’hui. Vous étiez déjà débordé. Le contenu était différent mais la perception de votre emploi du temps, comparée à l’estimation de notre capacité à y faire face était la même !

Il vous faudra certainement remonter à votre enfance pour vous souvenir de ces moments où vous ne saviez pas quoi faire. Mais les convenances sociales vous ont rapidement appris que ce n’était pas “normal”.

Dans un autre ordre d’idée, supprimer des activités ou se priver d’en ajouter n’aura pas plus de résultats. Au bout de quelque temps, le sentiment d’être débordé reviendra.

Le seul moyen d’y échapper est donc de changer de paradigme. Modifiez votre façon d’aborder les trois idées citées plus haut et les choses changeront.

changer de paradigme

Dans le second volet de cet article, je vous proposerai différentes pistes pour changer de point de vue sur le nombre de choses à faire et votre capacité à les réaliser.

Je vous montrerai en quoi cette liste de tâches à effectuer est questionnable et comment elle doit être questionnée.

De même, nous essayerons de casser cette croyance autoréalisatrice qui remet en cause votre capacité à achever vos objectifs.

Pour finir, nous décortiquerons ce processus de confusion produit par le sentiment de ne pas savoir par où commencer. Nous en analyserons les conséquences délétères et découvrirons qu’il n’est pas si difficile de s’en séparer.

Mais, en attendant cette seconde partie, revenons sur un point évoqué plus haut : la vision de notre société sur le fait d’être débordé. Ou, plus précisément, la façon dont sont considérées les personnes qui ne sont pas débordées, qui ont le temps.

De fait, il existe des a priori bien ancrés. Notre société préfère les personnes débordées à celles qui font des choix, qui sont organisés et savent aborder les problèmes avec recul. L’aura sociale augmente de façon proportionnelle notre capacité à être débordé.

Aussi, parce que nous vivons au sein de cette société, imprégnés de cette culture, une question se pose. Faisons-nous involontairement le choix d’être débordé ? Est-ce une façon de nous intégrer et de prendre notre place dans le groupe ?

Prenez le temps de vous questionner sur cette attitude et sur ce qu’inconsciemment elle vous apporte. On en reparle dans la seconde partie. Bonne semaine !