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ennui des enfants durant l'été Je m’ennuie. Qu’est-ce que je peux faire ? Maman, j’sais pas quoi faire…

A quelques jours de la fin officielle de la période scolaire, de nombreux parents anticipent l’été qui s’annonce. En effet, il faut occuper les enfants pour lutter contre l’ennui provoqué par la rupture du rythme scolaire.

Et si ce n’était pas le cas ? Au contraire, ne faut-il pas les laisser s’ennuyer ?

Si vous faites partie de ces parents qui voient leur stress monter à l’idée que leurs enfants doivent faire face à l’ennui, j’espère que cet article va vous apporter un peu de sérénité.

Qu’est-ce que l’ennui ?

Si l’on s’en tient à la définition purement académique, l’ennui se définit de la façon suivante :

Lassitude morale, impression de vide engendrant la mélancolie, produite par le désœuvrement, le manque d’intérêt, la monotonie. – Larousse

Cependant, une nouvelle définition issue de la psychologie et de l’étude comportementale tend à supplanter cette vision très littéraire :

L’ennui se définit comme l’envie de faire une activité satisfaisante, mais en être incapable.

Avez-vous noté la transition d’une définition à l’autre ? A priori, dans la première, nous subissons l’ennui. Nous faisons face à un vide, un manque d’intérêt.

Au contraire, aujourd’hui nous aurions envie, la motivation… mais nous n’en serions pas capables. Et qu’est-ce qu’une activité satisfaisante ?

L’influence de nos rythmes de vie

Pour répondre à cette question, il nous faut faire un pas en arrière et regarder notre mode de vie. Cependant, en guise de préambule, cassons une fois encore les codes !

Non, l’ennui n’est pas un mal de notre siècle. De l’antiquité à nos jours, de l’orient à l’occident, l’ennui a toujours occupé les penseurs, écrivains et philosophes.

Cette transition d’une forme subie de l’ennui vers une forme contrariée correspond à une évolution globale du rythme de vie. Si nos vies d’adultes vont à toute vitesse. Si nous sommes parfois obligés de lutter pour retrouver un rythme qui nous est adapté… il en va de même pour les enfants.

En premier lieu, ils subissent nos rythmes de vie. Ensuite, tout est fait pour les habituer à cette hyperactivité. L’école et même les crèches ont adopté des organisations journalières où tout est séquencé, minuté, organisé. On y soumet les enfants à une succession d’activités discontinues. On zappe de l’une à l’autre pour maintenir l’attention… ou éviter l’ennui.

Faisons-nous mieux à la maison ? Pas vraiment ! Pour leur éviter l’ennui, nous les laissons près de 2h par jour devant la télévision (moyenne mondiale). Les chaînes de télévision l’ont bien compris et, elles aussi font tout pour capter l’attention : rythme, son, lumières…

Est-ce là une activité satisfaisante, ou juste un subterfuge pour stimuler l’attention ? Faut-il être heureux d’échapper à l’ennui ?

Les vertus de l’ennui

Pour les spécialistes de l’enfance comme les pédopsychiatres, le constat est unanime : l’ennui a des vertus et en avoir peur nuit.

Développer la créativité

En premier lieu, il permet de développer l’imaginaire et la créativité. Les parents qui, comme moi, ont eu une enfance sans smartphone ni internet se souviendront certainement de ces vacances extraordinaires. De ces moments où trois bouts de bois faisaient une cabane. De ces jeux qui nous transportaient dans un monde extraordinaire.

Laisser notre cerveau se reposer. Prendre le temps de laisser courir nos pensées et notre imagination. Voilà la meilleure recette pour développer notre créativité. Et il n’y a que l’ennui et l’oisiveté qui puisse provoquer cela.

Mettons nos enfants en situation et, eux aussi, s’inventeront des mondes extraordinaires.

L’ouverture aux autres

Une étude du département de psychologie de l’université de Limerick a démontré que l’ennui fait de nous des êtres sociables et ouverts. Il nous pousse à aller vers l’autre et à accomplir des activités qui ont un sens, même si elles paraissent désagréables.

Par exemple, cette étude cite le cas de sujets qui, après une période d’ennui, étaient prêts à donner leur sang. En effet, cela leur procurait le sentiment d’accomplir quelque chose d’important, qui a du sens.

Nous n’en demanderons pas autant à nos enfants. Mais laissons-les s’ennuyer, et vous verrez comme il deviendra facile de partager des moments avec eux, à accomplir des tâches de la vie quotidienne.

Combattre l’addiction aux technologies

Se lancer dans des activités créatives ou s’investir dans des actions qui ont du sens sont autant de bonne raison de nous éloigner des réseaux sociaux.

Dans ces conditions, abandonner nos ordinateurs, tablettes et autres smartphone, sont autant d’opportunité de développer la santé mentale et physique de nos enfants.

Apprendre l’ennui

Plutôt que de répondre à la question de savoir comment apprendre à nos enfants à s’ennuyer, je vous propose un autre angle de vue. Et si, comme parents, nous apprenions à ne plus vouloir occuper nos enfants à tout prix ? À vouloir leur éviter à tout prix ce sentiment de vide ?

En effet, le principal déclencheur est là : nous ne supportons pas l’idée que nos enfants puissent faire face à l’ennui. Nous anticipons les choses alors que tout démontre qu’il préférable de laisser faire.

Alors, cet été, laissez-les faire face à l’ennui. N’anticipez pas par un programme surchargé aux activités chronométrées. Ne répondez pas aux premiers signes ou aux premières réclamations. Laissez les se confronter au désœuvrement et se construire intérieurement.