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Besoin ou désir Besoins ou désirs, savons-nous encore les différencier l’un de l’autre ?

Faut-il les satisfaire l’un et l’autre ? Sommes-nous à l’origine de nos désirs ? Partageons-nous tous les mêmes ? Qui profite de l’un ou de l’autre ?

Je vous propose de nous arrêter quelques instants et de couper le pilote automatique pour aborder quelques concepts fondamentaux.

Ainsi nous pourrons décider si, comme le chantait Daniel Balavoine, il faut « remplacer le besoin par l’envie ».

Besoins ou désirs ?

Plus que pour n’importe quel autre sujet abordé dans sur ce blog, il me semble indispensable de tenter une définition des concepts de besoin et de désir.

Définition du besoin

Le besoin se définit comme : « une exigence née d’un sentiment de manque, de privation de quelque chose qui est nécessaire à la vie organique » (Définition du Larousse).

Par conséquent, boire, manger ou dormir sont des besoins. Ils relèvent de la nécessité vitale. On peut mourir de ne pas boire ou ne pas manger. Ces besoins physiologiques sont communs à toutes les cultures, races et religions. Nous les partageons avec l’ensemble du règne vivant (à quelques différences de résistance près).

Dans un autre ordre d’idée, il existe des besoins qui ne relèvent pas de la survie physique, mais du développement intellectuel et social. Ce sont ceux que l’on retrouve dans la pyramide d’Abraham Maslow, dès le second niveau :

    • Besoin de sécurité.
    • Besoin d’intégration sociale.
    • Besoin d’estime et de reconnaissance.
    • Besoin de réalisation.

S’il fallait résumer en une seule phrase : un besoin représente donc une exigence à notre survie physique, mentale et émotionnelle.

Nous sommes prisonniers de nos besoins et n’avons aucune autre alternative que de les satisfaire, sauf à aller à l’encontre de notre instinct de survie.

Définition du désir

Partant de ce fait, il devient beaucoup plus facile de définir ce qu’est le désir. Pour aller droit au but, le désir se définit comme :

    • Éphémère et artificiel.
    • Subjectif, car lié à un contexte, un lieu, une société, une culture ou une époque.
    • Infini, répétitif et insatiable.

Ainsi, il devient évident que boire pour étancher sa soif est un besoin. Mais avoir envie d’un jus de fuit ou d’un soda relève du désir. En effet, l’eau suffit à notre besoin vital.

De même, travailler pour répondre à son besoin de sécurité relève bien du besoin. À l’opposé, travailler pour s’offrir des vêtements de marque ne correspond à aucun besoin physiologique ou de sécurité. Par ailleurs, je doute que ce soit un facteur d’intégration sociale ou le meilleur moyen de créer l’estime et la reconnaissance… si ce n’est d’un petit groupe. Mais à chacun ses valeurs.

Mais l’important dans cette remarque et que notre désir peut se porter sur une chose inaccessible. De même, et par définition, assouvir un désir ne le fait pas obligatoirement disparaître.

Ainsi, dans le premier cas, nous courrons après une chose insaisissable et dans le second il nous en faut toujours plus. Dans les deux cas, le résultat est le même : la frustration.

« Diminuez vos désirs et répondez à vos besoins » – Gandhi

Quand les besoins devient des désirs

Avons-nous envie de prendre des vacances au bout du monde, ou avons-nous besoin de repos ? Les vêtements de telle marque sont-ils réellement plus aptes à satisfaire nos besoins que ceux d’une marque moins prestigieuse, mais qui protègent mieux du froid ?

Depuis les années 60, les publicitaires ont bien compris cette confusion entre nos envies et nos désirs. Les fans de la série Mad Men auront découvert le cynisme avec lequel des générations de créatifs tentent de nous convaincre que nos désirs sont des besoins.

Par ailleurs, le désir, parce qu’il dépasse les besoins vitaux, est un luxe. Un luxe qui fait intervenir l’imagination. Le désir est la promesse d’un plaisir à venir. Aussi, c’est parce que désir et plaisir sont liés qu’il est facile de nous faire les confondre.

Écoutez les messages publicitaires. Combien de fois nous parle-t-on de plaisir pour susciter le désir d’acheter sans qu’il y ait de réels besoins ? Que ce soit pour nous vendre des régimes tous les printemps ou nous expliquer ce que nous devons être, le plaisir est l’arme favorite des publicitaires. Apprenons à nous en détacher !

De l’utilité du désir

Alors, faut-il bannir le désir de nos vies ? Heureusement non !

Le désir a également ses côtés positifs. Pour Spinoza, il est l’essence de l’homme. Il est la source d’une puissance d’affirmation et de création.

Pour Rousseau, il est l’indice de la grandeur de l’homme :

« Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède » – Rousseau – La nouvelle Héloïse.

Le désir est un moteur puissant de créativité et de génie justement parce qu’il fait intervenir l’imaginaire.

Alors oui, il faut remplacer le besoin par l’envie. Il nous faut tout faire pour réussir à sortir de l’ordinaire et du nécessaire.

Nous devons encourager nos envies d’être nous, en mieux. En conformité avec nos valeurs de vie.

Il nous faut encourager notre désir d’un monde meilleur, plus juste, plus humain.

Quand le désir devient addiction

Il arrive parfois que le désir, par son côté insatiable et répétitif, devienne addiction. La promesse d’un plaisir, même fantasmé, devient plus forte que la raison.

Votre sophrologue peut vous aider à faire le point. Il peut vous aider à prendre conscience de la situation réelle et à passer outre le déni qui vous enferme dans une situation nocive.

En fonction du type d’addiction, il vous redirigera vers un médecin capable de vous aider. Mais il restera à votre disposition pour vous accompagner pendant et après cette période de sevrage.