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La sieste flash avait été abordée dans l’éloge de la sieste que j’avais publié au mois de juin dernier.

Exercice régulier pour certains, véritable graal pour d’autres, ce sujet semblait vous avoir particulièrement interpellé.

Je vous avais promis de revenir sur ce sujet, voici qui est chose faite !

Encore quelques minutes, un peu de pratique – je sais qu’il y a des volontaires, surtout en cette période d’été – et vous pourrez, vous aussi, vous y adonner en tous lieux et tout temps.

Un peu d’histoire

La sieste flash est une sieste qui va de quelques seconde à une durée maximum de 2 à 5 minutes. Au-delà, nous somme déjà dans la sieste classique et, si nous dépassons les 20 minutes, cela devient une sieste dite « Royale » !

Pour nombre d’entre nous, arriver au stade de la sieste flash demandera un peu de pratique, mais je suis certaine que l’exercice ne vous rebutera pas !

Le texte suivant est un texte de Salvador Dalí, artiste génial, provocateur, exubérant… et insomniaque ! Il avait pris l’habitude de travailler durant la nuit, dès qu’il avait une période d’éveil.

Dalí, ayant accumulé un déficit de sommeil considérable découvrit les bienfaits de la sieste flash grâce à son amis peintre José Maria Sert, mais il vous l’explique à la fin du texte.

Quelques derniers conseils avant de vous livrer à la sieste flash : Pensez à désactiver votre portable, mais conservez une alarme qui vous réveillera au bout de 10 min, surtout lors des premiers essais. Il se peut que vous ne lâchiez pas les clés !

Le passage de la sieste à la sieste flash demande quelques tentatives, ne vous créez pas de stress si cela ne fonctionne pas dès le premier essai.

N’oubliez pas que Dalí embellis les choses… adaptez

La sieste flash de Dalí

Pour pratiquer le « sommeil avec une clé » , asseyez-vous dans un fauteuil osseux, de préférence de style espagnol, la tête renversée appuyée sur le cuir tendu du dossier.

Vos deux mains doivent pendre en dehors des bras du fauteuil auxquels les vôtres seront soudés dans un affaissement de totale relaxation.

Vos poignets seront maintenus dans le vide et auront été lubrifiés préalablement avec de l’essence d’aspic, qui facilitera l’engourdissement de vos mains au moment où le sommeil approche, les emplissant des fourmillements de la main morte, qui sont en réalité des contredémangeaisons, les fourmis physiques, antidotes de celles, psychiques, de votre redoutable impatience à peindre.

Dans cette position, vous tiendrez une lourde clé que vous garderez suspendue, serrée délicatement entre les extrémités du pouce et de l’index de votre main gauche.

Sous la clé, vous aurez au préalable placé par terre une assiette à l’envers.
Ayant terminé ces préparatifs, vous n’aurez qu’à vous laisser envahir progressivement par le sommeil serein de l’après-midi, comme la goutte spirituelle d’anisette de votre âme montant dans le cube de sucre de votre corps.

Lorsque la clé tombera de vos doigts, le bruit de sa chute sur l’assiette retournée vous réveillera sûrement, et vous pouvez être sûr également que ce moment fugitif, où vous avez à peine perdu conscience, et pendant lequel vous ne pouvez pas être certain d’avoir vraiment dormi, est entièrement suffisant vu que vous n’avez pas besoin d’une seconde de plus pour que votre être physique et psychique tout entier soit

[reposé].

Je dois ma connaissance du sommeil avec une clé au fait qu’il fut pratiqué par les capucins de Tolède.
Mais, plus tard, revenant de Genève en automobile avec mon grand ami le peintre José Maria Sert,celui-ci m’expliqua, dans une conversation mémorable sur les différents types de sommeil selon les arts, que « le somme avec une clé » était traditionnellement pratiqué par les peintres aviso des dessins architectoniques (NDLA : dessins Qui concerne l’architecture en tant que science et technique de la construction), qui avaient besoin, pour exercer leur métier, d’une main exceptionnellement sûre et calme.

Salvadore Dalí

Un grand merci à ma collègue B. Ifrah, qui avait partagé ce texte avec moi il y a déjà… plus de 2 ans, lors de nos premiers échanges.