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Pensée positive et monde des bisounours : il ne faut pas confondre !

pensee-positive-bisounoursLa pensée positive est un mode de vie, un ensemble d’attitudes et de choix qui influencent nos décisions et notre vision des évènements. Elle nous aide à les affronter et à les surmonter.

Malheureusement, les choses ne sont pas aussi simples. Depuis quelque temps, nous avons tendance à ériger la pensée positive en solution universelle.

À en faire une norme qui repose sur des illusions et le déni de ses propres émotions.

Pire encore, certains auteurs n’hésitent pas à vous culpabiliser en vous expliquant que les échecs sont de votre faute. Que vous n’avez pas été assez positif pour assurer votre réussite.

Je vous propose donc, une fois encore, de prendre le recul nécessaire. Dans un premier temps, nous analyserons ce qu’est la pensée positive. Par la suite, nous verrons comment la mettre à notre profit plutôt qu’à celui des marchands du temple du bien-être universel.

Petite histoire de la pensée positive.

Le terme de pensée positive est apparu dans les années 1950, grâce au pasteur Vincent Norman. Pourtant, le mode de pensée est bien plus ancien. Il remonte… au moment où l’homme a été suffisamment avancé pour décider d’être optimiste. En effet, pensée positive et optimisme sont très étroitement liés.

Bien avant Norman, en 1926, Émile COUÉ présentait sa méthode visant à, je cite : « La maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente ». La pensée positive y était encouragée par le biais de l’autosuggestion rapportée à sa plus simple expression : se répéter un message positif chaque jour.

L’histoire de la pensée positive est également marquée par un second Norman : Norman COUSINS. Scientifique et journaliste, il aurait réussi à vaincre une maladie arthritique par la pensée positive et la thérapie par le rire.

Contrairement à la méthode COUÉ qui demande un effort, ici la méthode devient passive. C’est une grande consommation de films comiques et de vitamine C pendant 6 mois qui lui aurait permis de vaincre la maladie.

Aujourd’hui encore les livres, podcasts et autres sites qui vous promettent la réussite et le bonheur par une méthode exceptionnelle basée sur la « pensée positive » pullulent. Chacun y va de son approche, de sa technique. Il y en a pour tous les goûts et surtout… à tous les prix !

Et alors, si ça marche ?

Clarifions tout de suite les choses : je suis persuadée des bienfaits de la pensée positive, tant qu’elle reste dans les limites de ses propres choix, de sa propre construction.

Par conséquent, je ne critique pas la démarche elle-même, mais les excès et les abus qui en sont faits par ceux qui en vivent (parfois très bien) en faisant croire à la solution miracle.

Pour moi, toutes ces méthodes miracles ne peuvent pas fonctionner car elles reposent toutes sur 3 éléments :

L’injonction du bonheur :

Le bonheur ne se décrète pas, il ne s’achète pas. Il se construit, jour après jour. Ce n’est pas en adhérant à un programme qui vous promet un bonheur basé sur la richesse et le succès que vous deviendrez heureux. Moins riche, oui très certainement, mais pas plus heureux. Trop souvent, cette injonction du bonheur s’accompagne de la liste de ce qui doit vous rendre heureux et que vous devez conquérir. Mais qui d’autre que vous sait exactement ce qui vous rend vraiment heureux ? Il ne peut y avoir de bonheur imposé, construit sur des valeurs que vous n’avez pas choisies.

Le déni d’émotion :

Le bonheur est devenu un accessoire de mode. Dans l’idéal nous devrions toutes et tous être riches, en pleine forme physique et surtout heureux. Seul le bonheur est toléré par ces méthodes. Hors, nous savons que nos émotions négatives servent aussi à nous construire. Quand elle est imposée, la pensée positive risque de masques des situations graves de déprime ou de dépression. Nier les faits ne fait qu’aggraver la situation et retarde l’aide nécessaire.

L’illusion d’influence :

Ces méthodes de pensée positive sont souvent présentées comme le moyen de vous donner le contrôle total sur le monde qui vous entoure. Elles vous offrent d’accéder enfin à ce super pouvoir qui est en vous, pour une somme raisonnable à la mesure du potentiel qui vous attend. Ce sont vos pensées, votre capacité à attirer la chance, la fortune et le bonheur qui feront enfin la différence. Bienvenue chez le Bisounours ! J’y pense tous les matins, et pourtant ni chauffeur ni de Rolls n’attendent les enfants ! Ces approches ne font que vous encourager à ne rien faire d’autre qu’à penser à ce que vous souhaiteriez. La déception de ne pas y arriver sera d’autant plus grande que vous réaliserez que vous n’avez rien fait de concret pour y arriver, si ce n’est y penser et le vouloir.

Le cynisme de certains gourous de la pensée positive est quasi sans limites. En effet, en cas d’échec, les plus gentils se bornent à vous expliquer que tout est dans votre tête. Qu’il suffit de changer votre façon de voir, de positiver encore plus pour faciliter l’arrivée des événements.

À l’opposé, d’autres comme Rhonda Byrne, auteur du fameux livre « Le Secret » n’hésitent devant rien. Elle est allée jusqu’à sous-entendre que le Tsunami de 2006 était probablement dû à certaines victimes qui ont envoyé des vibrations négatives. Ils auraient créé eux-mêmes les conditions de leur mort faute d’avoir été positifs. Je vous laisse juger de la bêtise de la chose.

On jette tout ?

Comme je vous l’ai dit précédemment, je crois aux bienfaits de la pensée positive et plus globalement de l’optimisme. Il n’est donc pas question de jeter le bébé et l’eau du bain.

Si pour moi l’optimisme est un facteur essentiel, il doit également s’accompagner d’une bonne dose de réalisme, de doute et de raison. Derrière la notion de pensée positive se cache un mode de vie dans lequel :

  • Nous devons apprendre à accepter nos émotions, toutes nos émotions. Car elles font de nous ce que nous sommes.
  • Nous devons apprendre à accepter de ne pas tout contrôler. Cependant, nous pouvons essayer de prévoir, d’anticiper mais aussi d’accueillir et d’accompagner.
  • Nous devons apprendre nos limites et celles du monde. Nous ne pouvons pas tout avoir ni tout réussir. Si l’ambition est un formidable moteur, elle devient un poison quand elle est démesurée.

Par conséquent, la pensée positive doit nous apprendre à penser par nous même en favorisant, quand cela est possible, l’aspect positif.

C’est une construction personnelle. Personne ne peut nous donner de solutions miracles, car il n’en existe pas. Nous sommes les seuls à fixer nos limites et nos objectifs. Et cette autonomie, c’est déjà positif.

Pour en savoir plus :

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Livre

Par |2018-04-29T14:09:20+00:0029/08/2016|bonheur, Confiance en soi, Stress|

5 Comments

  1. Marie-Lys Guérin 31 août 2016 à 11 h 47 min

    Super article ! Il est en effet primordial d’insister sur le fait que penser positivement ne veut pas dire que l’on ignore tout ce qu’il se passe autour de nous et que nous vivons dans un monde où « Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. » !!
    C’est un subtil mélange entre nos pensées qui doivent aussi être en accord avec nos actions et nos sensations. Si l’on est pas à l’écoute de soi et que cela s’arrête à ce que l’on pense ça n’a que peu d’impact !
    Je suis d’accord Corinne Chiamento : la sophrologie est vraiment un très bon outil afin de donner à chacun la possibilité de chercher ce qu’il a en soi pour parvenir à cet équilibre ! Vive la sophrologie !

  2. Marie Desruelles
    Marie Desruelles 29 août 2016 à 14 h 16 min

    super ton texte j’adhère tout à fait! merci! et je partage!

  3. Sophrologue Corinne Chiamento
    Sophrologue Corinne Chiamento 29 août 2016 à 12 h 24 min

    Votre point de vue est trés intéressant. En sophrologie Il y à des élèves qui me parle de leur manière d’aborder leur journée avec cette pensée positive. Pour ma part je les mets en garde dans leur façon d’opérer avec ce fonctionnement en leur expliquant d’être vigilant à ne pas chercher à se conditionner. Par conséquent à se couper de leurs émotions et surtout la réalité de la situation. Cela ramène à faire le choix de vivre au présent et à savoir gérer ses propres émotions. Quoiqu’il en soit des bouquins ou articles pullule à tout va sur des sujets inhérents à l’humain..tout reste critiquable.. vouloir démêler le faux du vrai n’est t’il pas vain. Il en est ainsi pour les régimes alimentaires et j’en passe. A mon sens l’intérêt principal est de transmettre avec la sophrologie les techniques nécessaires pour permettre à chacun d’accéder à son propre bonheur en toute humilité. Merci.

  4. Corinne Guizelin
    Corinne Guizelin 29 août 2016 à 10 h 40 min

    Pensée positive + action sinon cela reste au niveau de la pensée. C’est l’action autant que la pensée qui permet la matérialisation couplée avec une bonne dose de foi et de confiance en soi.

  5. Bruno Cadez
    Bruno Cadez 29 août 2016 à 9 h 28 min

    Merci Sabine. C’est tout à fait cela. Vivre en harmonie avec soi et ce qui nous entoure suppose de savoir vivre aussi avec nos sensations et émotions désagréables, nos vulnérabilités, de voir aussi que tout ne dépend pas de soi.

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