Temps de lecture : 3 minutes

hypnose clinique

L’hypnose clinique regroupe un ensemble de techniques connues et utilisées depuis près de 200 ans en Europe, mais dont les origines sont bien plus lointaines.

Pour autant, dans l’imaginaire collectif, ces techniques restent entourées de mystère, voire d’un soupçon de scepticisme.

Je vous propose, au travers d’une série de deux petits articles, d’essayer d’éclaircir un peu votre vision de ce qu’est l’hypnose clinique, quitte à casser quelques mythes… mais vous savez que je n’en suis pas à mon coup d’essai.

Ce premier volet va être pour moi l’occasion de poser quelques bases et de définir ce qu’est l’hypnose clinique, ses utilisations et la structure d’une séance.

Dans la seconde partie de ce dossier, nous ferons un petit détour par l’autohypnose, discipline particulière de l’hypnose clinique , que vous utilisez parfois sans le savoir ! Cela me donnera l’occasion de vous proposer d’expérimenter par vous-même, au travers d’un petit exercice d’autohypnose.

Hypnose clinique et hypnose

Posons tout de suite quelques bases qui vont permettre de sortir du débat un certain nombre de sujets. Il existe deux grands domaines d’utilisation de l’hypnose : l’hypnose clinique et ce que j’appellerai l’hypnose spectacle.

Je ne porterai aucun jugement sur cette dernière, simplement parce que nous utilisons les mêmes principes et techniques de base. Il est tout à fait possible de passer de l’un à l’autre, comme nous l’a démontré Jean-Jacques GARET.

Par souci de clarté, cet article se concentrera uniquement sur l’hypnose clinique. Désolée, je ne vous dévoilerai pas les techniques de Messmer.

L’hypnose clinique comprend plusieurs techniques : l’hypnothérapie et les techniques dans lesquelles l’hypnose est utilisée comme méthode antalgique ou en complément d’une sédation chimique.

Hypnothérapie

Dans cette première partie, comme dans la seconde, nous n’aborderons que l’hypnothérapie, c’est-à-dire l’usage psychothérapeutique de l’hypnose. L’hypnose clinique est donc utilisée comme un outil permettant le traitement ou l’accompagnement psychologique de troubles divers.

Bien entendu, tous les troubles et en particulier les troubles psychologiques ne sont pas abordables par tous les psychothérapeutes. Si l’hypnose clinique fait partie des outils utilisés par de nombreux psychiatres, l’hypnothérapeute qui ne dispose pas de cette qualité de psychiatre ou de psychologue ne pourra vous accompagner que dans certains domaines comme les addictions légères, le sommeil, l’arrêt du tabac…

Comment ça marche ?

Étymologiquement, le mot « hypnose » vient du grec « hypno », c’est-à-dire « le sommeil ». Vue de l’extérieur, une personne sous hypnose peut effectivement paraître endormie, mais ce n’est pas le cas. L’hypnothérapeute n’a pas pour objectif de vous endormir, mais de vous plonger dans un état de conscience différent de celui qui est le vôtre d’habitude.

Non, il ne suffit pas de claquer des doigts pour vous hypnotiser et le pendule ou la montre qui balancent ne sont pas obligatoires. Par contre, l’image de Kaa dans le livre de la jungle n’est pas si éloignée de certaines techniques, comme vous pourrez le constater.

La phase d’induction, c’est à dire l’accès à cet état de conscience modifié, peut s’obtenir au travers de différentes techniques dont les plus courantes sont basées sur la visualisation et la suggestion… bref, la parole.

La parole, celle du thérapeute ou la vôtre, qui guide, accompagne et rassure pour vous aider à lâcher prise et glisser dans cet état de conscience modifié recherché.

Une fois cette phase hypnotique atteinte, le thérapeute peut alors vous aider à travailler sur le sujet souhaité. Ici encore, deux écoles :

  • L’hypnose classique : elle se caractérise par l’aspect directif de l’hypnotiseur, parfois même dominant, qui suggère un changement de façon directe au patient.
  • L’hypnose Ericksonnienne : mise au point par Milton Erickson, elle ne dirige pas le patient, mais l’accompagne. Elle repose sur le postulat que l’inconscient est capable de mobiliser des ressources, susceptibles de conduire aux changements désirés, et a pour but d’amener conscient et inconscient à travailler ensemble.

Aujourd’hui, l’hypnose classique et largement abandonnée au profit de l’hypnose Ericksonnienne. L’aspect très directif de l’hypnose classique pose un certain nombre de problèmes. L’approche Ericksonnienne laisse une grande part à la volonté du sujet sous hypnose, tout comme la sophrologie. Les deux techniques sont très proches l’une de l’autre.

Pour finir, le thérapeute vous accompagnera dans la phase de sortie de l’état hypnotique et un retour à un état de conscience normal. Contrairement à la sophrologie, l’hypnose clinique ne passe pas obligatoirement par une phase d’échanges en fin de séance.

Autohypnose

Dans mon prochain article, je vous parlerai d’une technique particulière de l’hypnose clinique : l’autohypnose et, comme promis, je vous proposerai un petit exercice qui vous permettra de découvrir et d’expérimenter cette fameuse phase d’induction que nous venons de découvrir.