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cancer du seinLa relation entre le cancer du sein et la place grandissante donnée par les patientes aux médecines complémentaires, comme la sophrologie, était au centre d’un colloque qui s’est déroulé vendredi 14 juin 2013 à Paris. Il  réunissait de nombreux spécialistes et a été relayé sur France Info, dans la chronique santé de Brigitte Fanny-Cohen en date du 19 juin.

Cette même question était déjà au centre d’un débat fort intéressant auquel j’avais été invité à participer lors du dernier évènement « Santé en Nord ». Les médecins, oncologues et psychologues, qui avaient accepté de me faire une place au sein de cet échange, étaient tous d’accord sur le fait que les médecines complémentaires, comme toute action susceptible de réduire le stress des patient(e)s et leur permettre d’appréhender les traitements du cancer du sein, ou de toute autre maladie, dans de meilleures conditions, sont à considérer.

Les médecines complémentaires en chiffres

Ce nouveau colloque, regroupant des spécialistes du cancer du sein, vient apporter une vision chiffrée à ce constat que nous avions fait : entre 30% et 60% des patients atteints de cancer ont recours à des médecines complémentaires. Mais cette étude apporte également une vision assez négative :  46% d’entre eux n’en parlent pas à leur cancérologue, ce qui inquiète ces derniers.

Comme le souligne le Dr Jean-Michel Vannetzel, radiothérapeute, oncologue, Président de l’Institut du Sein Henri Hartmann :

Les traitements complémentaires permettent aux femmes de lutter contre les effets secondaires des traitements, de se faire du bien, de ne pas laisser passer une chance, et de renforcer l’organisme. De cette manière elles reprennent le contrôle de leur corps, et confiance. Elles font le traitement conventionnel, mais elles veulent aussi parfois un complément.

Les patientes cherchent donc à accompagner les traitements conventionnels par une action sur le corps et sur l’esprit. L’inquiétude légitime du corps médical porte sur le contenu et les conséquences de ces accompagnements et leur interactions avec les traitements.

Sur le contenu.

Les compléments alimentaires, plantes ou composés, la question de l’interférence avec les traitements anticancéreux semble se poser. N’étant pas experte en la matière, je n’irais pas plus loin sur le sujet que ce que le bon sens semble imposer : il ne coute rien d’en parler avec votre médecin. Si cela vous procure un bien-être, un plus, une simple vérification avec le médecin qui assure votre suivi peut vous soulager l’esprit de tous doutes.

Cancer du sein et sophrologie

Comme pour les compléments alimentaires, en matière d’accompagnement, la raison et le bon sens doivent prendre le pas : si l’on parle de médecine complémentaire, c’est bien par ce qu’elles ne se substituent pas au traitement conventionnel, mais viennent aider le patient à mieux le vivre.

Dans le cas de la sophrologie, son utilisation en parallèle du traitement du cancer du sein, ou autre, permet de travailler plusieurs points importants :

  • Réapprendre à aimer l’image de soi, de son corps. La chimie ou la chirurgie peuvent entrainer des modifications de l’intégrité physique ou esthétique. La sophrologie permet de se réapproprier ce corps, d’en accepter les changements.
  • Prendre du recul et se retrouver. Une fois le corps accepté, il est temps d’accompagner la patiente dans une démarche de prise de recul par rapport à la maladie. De l’aider à en surmonter le stress, ou plutôt les stress, provoqués par l’angoisse du lendemain, la peur de l’inconnue, le fait de se sentir impuissante et à la merci de la technique et du corps médical.
  • Apprendre à retrouver le repos. Avec la maîtrise de ce stress, il est possible de retrouver un peu de repos. La sophrologie apportera des techniques de relaxation et de récupération.
  • Gérer la douleur. Les passages à l’hôpital sont parfois intrusifs et peuvent laisser des douleurs persistantes. La sophrologie peut apporter des techniques de gestion de la douleur qui, sans les faire disparaitre, peuvent vous soulager et favoriser le repos et la récupération.
  • Motiver. Que ce soit un cancer du sein ou toute autre maladie grave, la lutte contre la maladie est un combat de tous les jours. Il demande une motivation et une persévérance sans faille.

À la lecture de ces axes de travail, on se rend bien compte des apports de la sophrologie dans ce type de traitement : une patiente plus reposée, plus forte et plus motivée sera plus forte pour lutter contre la maladie et le travail du corps médical en sera facilité.

C’est et cela doit rester le seul et unique objectif des médecines complémentaires.

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