Résister au changement

Résister au changement, l’ignorer, rester immobile ou, pire, tout faire pour que rien ne change est une réaction courante.

Le plus souvent, elle résulte de la crainte que suscite le passage d’une situation connue – même si elle est inconfortable – à une situation inconnue.

Cependant, cette crainte ne repose sur rien de tangible. Elle naît de nos croyances ou de la doxa populaire.

Dans ces conditions, aussi naturel soit-il, il nous faut questionner ce sentiment de sécurité apparente qui nous pousse à résister au changement.

Est-ce réel ? Quels en sont les conséquences ou le prix ? Bref, pouvons-nous vraiment rester immobile face au changement et lui résister ?

Ce sont toutes ces questions que je vous propose d’explorer aujourd’hui.

Pourquoi résister au changement ?

Dans l’article précédent, nous avons vu que le besoin de changer résulte d’une motivation interne. Motivation qui pouvait être :

  • Positive, quand elle exprimait le besoin de découvrir et d’évoluer vers autre chose.
  • Négative, quand elle répondait au besoin de faire cesser une souffrance.

Dans ces conditions, il paraît donc assez paradoxal d’éprouver un sentiment de crainte suffisamment fort pour nous pousser à résister au changement. Comment justifier que nous évitions de nous lancer dans quelque chose qui est si important pour nous ?

La réponse à cette question se trouve, une fois de plus, au fond de nous-même, dans nos croyances limitantes. En effet, notre résistance au changement n’est que la conséquence de notre peur de l’échec.

Le rôle de la peur

En effet, de façon inconsciente, notre cerveau opère une comparaison. Malheureusement, il cède le plus souvent à la facilité. Il favorise la répétition et le pilotage automatique à partir des biais cognitifs développés au fil des ans. Par conséquent, il préfère s’accrocher à une situation désagréable, qu’il maîtrise, plutôt que de risquer d’échouer. Ou même de ne pas être à la hauteur.

Ce que nous pensons être la “raison” ou le “bon sens” n’est souvent qu’une expression de notre peur de l’échec. Notre peur de ne pas être à la hauteur. Et ce sentiment finit par être plus fort que la motivation qui nous poussait à changer.

Cette peur est le fruit de nos expériences malheureuses précédentes, mais aussi celle de notre culture de la réussite. Ainsi, parce qu’il nous est arrivé d’échouer dans le passé, nous pensons être condamnés à échouer en permanence.

Dans les faits, il nous arrive aussi, et c’est heureux, de réussir. Mais notre culture déteste l’échec – alors qu’il est riche d’enseignements – et c’est donc celui qui provoque le plus de crainte.

Peut-on vraiment résister ?

Par conséquent, arrêter de résister au changement commence par arrêter d’avoir peur des conséquences supposées de ce changement. Dans les prochains articles nous verrons comment votre sophrologue peut vous accompagner dans cette démarche.

Mais en attendant, il me semble intéressant de se poser une question tout aussi importante : pouvons-nous réellement résister au changement ?

En effet, il nous suffit de regarder autour de nous pour nous rendre compte que tout change, en permanence. Nous changeons, la nature change, la société change…

Tout ce qui est vivant est en évolution constante. Et si les choses n’évoluent plus, c’est qu’elles sont mortes ! Pour paraphraser Aristote : le mouvement, c’est la vie. L’immobilisme ne mêne qu’à la décroissance puis à la mort.

Il est possible de résister au changement, de refuser, de s’accrocher à un passé qui n’existe plus. Mais la vie vous rattrape et le choc est souvent violent.

L’épreuve de la vie

Ainsi j’ai le souvenir d’un client qui avait échappé à un plan social. Pendant des mois, il avait cherché et mis en oeuvre toutes les stratégies pour en être exclu. Il a vécu plusieurs mois d’angoisses avant d’apprendre qu’il avait réussi et qu’il gardait son poste. Six mois plus tard, il se retrouvait d’office dans la seconde vague.

Le choc a été encore plus dur car, au sentiment d’échec, est venu s’ajouter l’absence totale de préparation. Il se pensait intouchable pour quelques années et avait baissé la garde.

En travaillant avec lui sur cet épisode, nous avons finis par en arriver à la conclusion qu’il aurait dû être proactif. Décider de mener le changement, au lieu de le subir l’aurait mieux préparé. En fin de compte, sa nouvelle situation lui apporte beaucoup plus de satisfaction que l’ancienne.

Son seul regret est finalement d’avoir résisté au changement car ce fût la période la plus difficile à vivre.

Lever les freins

Alors ? Motivé pour vous lancer ? Dans les prochains articles de cette série, nous aborderons les différents freins qui peuvent encore venir vous perturber. Nous verrons qu’ils ne sont pas aussi insurmontables que nous pouvons le croire et qu’il est facile de passer outre.