L’envie de scroller vous reprend alors que vous venez à peine de poser votre téléphone ? Alors que vous vouliez vérifier un message, vous avez ouvert une vidéo, puis une autre… le message attend toujours et vous ne savez plus très bien ce que vous regardez ?
Ce scrolling automatique, autrement dit le fait de faire défiler des contenus presque sans y penser, a quelque chose de déroutant. Vous aviez envie de souffler ; quelques minutes plus tard, vous êtes toujours là, le pouce occupé et la tête pas forcément plus reposée.
Je vous propose de regarder ce qui vous ramène vers l’écran. Comprendre ce que ce geste vous apporte peut aider à choisir une pause qui vous convient mieux.
Que cherchez-vous derrière l’envie de scroller ?
Il y a les moments où nous ouvrons notre téléphone avec une intention précise. Et ceux où la main semble avoir décidé avant nous : dans une file d’attente, entre deux tâches ou le soir, quand nous n’avons plus l’énergie de commencer quoi que ce soit.
Le téléphone offre alors quelque chose d’immédiatement disponible. Une nouveauté pour interrompre l’ennui, un message pour se sentir en lien, une distraction pour repousser une tâche. La peur de manquer une information peut aussi entretenir ce réflexe, comme dans la catch-up culture et la FOMO.
La question mérite donc d’être précise : cherchiez-vous vraiment ce contenu, ou aviez-vous surtout besoin d’une coupure ? Selon la réponse, fermer l’application ne résout pas tout.
Même sans plaisir, le geste peut soulager
Imaginez un courriel auquel vous n’avez aucune envie de répondre. Vous ouvrez votre téléphone « juste une minute ». Pendant que les images défilent, le courriel existe toujours, mais vous n’avez plus à vous en occuper. Ce petit répit peut suffire à vous donner envie de recommencer.
À force de répétition, une association peut s’installer : un inconfort apparaît, le téléphone est saisi, la tension s’éloigne momentanément. Le geste devient familier, parfois avant même que vous ayez identifié ce qui vous pèse.
Une étude publiée en juillet 2026 dans PLOS One éclaire ce mécanisme. Pendant quatorze jours, 900 adultes ont renseigné chaque soir leur humeur, leur stress, leur tentation de se connecter et leur usage. Cette tentation occupait une place centrale dans les analyses, avec le plaisir et le soulagement comme facteurs d’entretien. Toutefois, les chercheurs étudiaient plusieurs activités numériques : leurs résultats ne décrivent pas chaque geste de scrolling.
Voilà pourquoi « posez donc votre téléphone » reste un conseil un peu court. Encore faut-il savoir ce que cette pause sur écran venait remplacer.
Avant de scroller, essayer une autre pause
La prochaine fois que l’envie revient, laissez le téléphone posé quelques instants. Sentez vos pieds au sol ou votre dos contre la chaise. Observez ce qui est présent : doigts impatients, épaules tendues, fatigue ou agitation. Vous n’avez pas à faire disparaître ces sensations pour poursuivre.
Si cela reste confortable, laissez votre expiration s’allonger légèrement, sans forcer. Demandez-vous : « Qu’est-ce que je viens chercher ? »? Vous pouvez ensuite choisir une action qui répond à ce besoin.
Répondre à un message reste une possibilité. Mais si vous êtes surtout fatiguée de rester assise, vous lever peut être plus pertinent qu’une nouvelle vidéo. La pratique des 17 secondes pour soi peut vous aider à installer cette courte interruption, sans transformer sa durée en règle absolue.
Une envie peut être pressante sans décider à votre place.
Ce que la sophrologie peut apporter
En sophrologie, la respiration, le relâchement musculaire et l’attention au corps offrent l’occasion d’observer vos sensations. Ces pratiques peuvent trouver leur place dans cette pause, pour remarquer ce qui précède le geste et explorer une autre réponse.
Il ne s’agit pas de réussir à chaque fois. Certains jours, vous reprendrez votre téléphone ; d’autres, vous découvrirez que vous aviez surtout besoin de souffler. Ce temps d’observation permet de réexaminer le sentiment de ne pas avoir le choix.
Quand cette habitude mérite une aide
L’envie de scroller ne suffit pas à parler d’addiction. Le temps d’écran, à lui seul, ne permet pas davantage de poser un diagnostic. En revanche, si vous n’arrivez plus à vous arrêter et que cet usage perturbe durablement votre sommeil, vos relations ou votre travail, parlez-en à un professionnel de santé.
La sophrologie ne remplace pas cette évaluation ni une prise en charge adaptée. La distinction entre sophrologie et approches thérapeutiques est importante.
Pour votre prochaine pause, commencez simplement : avant de regarder ce que propose l’écran, prenez un instant pour voir ce dont vous avez besoin.
Bibliographie
- Barrault, S., Durousseau, F., Ballon, N., Réveillère, C. et Brunault, P. (2019). L’addiction aux smartphones : validation française de l’échelle Internet Addiction Test-version smartphone et caractéristiques psychopathologiques associées. L’Encéphale, 45(1), 53–59
- Cadet-Taïrou, A. (2023). Les addictions comportementales : définitions, enjeux et débats. Observatoire français des drogues et des tendances addictives.
- Trudeau-Guévin, L. et al. (2022). Présenter ou non une utilisation problématique d’Internet : le point de vue de l’usager, du clinicien et de l’Internet Addiction Test. Drogues, santé et société, 20(2), 1–22.
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