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Communiquer mieux pour mieux se faire comprendre

communiquerCommuniquer est un acte fondamental pour créer et maintenir des liens avec ceux qui nous entourent.

Pourtant, nous sommes nombreux à ne pas savoir comment nous y prendre. Ainsi, il nous arrive de devenir « blessant », sans le vouloir, par la forme de nos propos.

De même, par peur de blesser ou faute de savoir comment aborder certains sujets, nous partons dans des explications incompréhensibles. Nous créons alors plus de trouble que nous n’obtenons de réponses.

Pour toutes ces raisons, je vous propose de revenir sur quelques principes de la communication non violente.

Dans les lignes qui suivent, nous utiliserons quelques bases de cette technique pour mieux communiquer et créer un véritable climat de partage.

Communiquer, un acte social

Il y a quelques semaines, alors que je rentrais d’une journée bien chargée, mon mari s’est mis à me parler de ses problèmes de travail. J’avais enchaîné une intervention en entreprise, de l’administratif et des rendez-vous individuels un peu difficiles. Il était tard et comme lui aussi avait eu une longue journée rien n’était prêt.

Après quelques minutes, sans réfléchir, j’ai fini par lui couper la parole et je me suis entendu lui dire : « Je suis crevée et tes histoires ne m’intéressent vraiment pas, surtout que je n’y peux rien ». Un grand blanc a suivi cette demande. Il s’est levé sans un mot et a quitté la pièce.

Je m’en suis tout de suite voulu d’avoir été aussi abrupte. En effet, il est toujours là pour écouter mes problèmes, m’encourager  et me donner un coup de main pour la maison comme pour mon activité. Je me suis sentie très mal d’avoir été incapable de gérer cette situation et cela m’a déstabilisé pendant plusieurs jours.

Que ce soit avec vos proches ou vos collègues, vous êtes certainement nombreux à avoir vécu ce type de situation. Chaque demande mal exprimée nous met mal à l’aise et entame un peu plus l’estime de soi.

Exprimer ses sentiments et ses besoins

communiquer coupleL’estime de soi est touchée, car nous avons tous besoin de nous sentir entourés. Nous sommes des êtres sociaux, l’autre nous permet d’avoir un retour sur soi. Il sert d’exemple ou de miroir pour exister.

Par ailleurs, les sentiments sont des moyens puissants pour nous connecter aux autres et avoir ce retour d’information. Savoir les exprimer avec sincérité permet de créer des liens, de l’empathie.

Or, ces sentiments sont très difficiles à exprimer. D’un point de vue culturel, communiquer ses sentiments est souvent vécu comme un signe de faiblesse.

Du reste, vous l’avez certainement remarqué, une demande qui n’exprime aucun sentiment est toujours ressentie comme un ordre. L’ordre étant à sens unique, il ne peut créer ni lien ni empathie.

Il n’existe que 4 grands sentiments qui peuvent s’exprimer clairement : la colère, la tristesse, la peur et la joie. Nous les connaissons tous alors pensons à les exprimer.

Encore faut-il savoir exprimer ce que l’on ressent, pour soi, comme pour les autres. Les habitudes, toujours elles, nous poussent trop souvent à exprimer un jugement : « je pense », « tu devrais », « il faut »

Dans sa conception de la communication non violente, Marshall Rosenberg suggère une approche factuelle. C’est-à-dire qu’il nous faut simplement exprimer des constats : « je vois que », « j’entends que ». De cette façon, nous créons moins de frustrations et nous ne jugeons pas. Ce qui permet d’ouvrir le dialogue alors qu’un jugement, s’il n’est pas partagé, le refermera.

Une demande claire

Si je reviens sur cette expérience personnelle que je vous ai relatée, quel était mon message, que voulais-je dire à mon mari ? Tout simplement que j’étais vraiment épuisée et que j’avais besoin de calme.

Ensuite, qu’est-ce que lui cherchait à me dire ? Simplement qu’il était en colère de ne pas réussir à avancer comme il le souhaitait et que cela le rendait triste et soucieux.

En suivant les quelques conseils précédents, plutôt qu’une phrase tranchante comme celle utilisée, qu’aurais-je dû dire ?

« Je vois bien que tu as passé une mauvaise journée et que tu es soucieux pour ton travail, mais je suis vraiment fatiguée par ma journée. J’ai vraiment besoin de passer un moment de calme avec toi. Est-ce que nous pouvons en reparler demain ? »

Ma demande aurait été claire. Je montrais que je comprenais sa situation, sans la juger. J’exprimais mon propre sentiment de fatigue. Je demandais simplement à passer un moment calme, tout en proposant de reprendre la conversation plus tard.

En faisant cela, je ne lui donnais pas la fausse impression d’être indifférente à sa situation. De mon côté, je ne passais pas des jours à regretter mes paroles. L’estime de soi de l’un comme de l’autre était préservée.

Ma demande était:

  1. Précise,
  2. Concrète,
  3. Positive,
  4. réaliste,
  5. Reliée à un besoin
  6. Sans exigence
  7. Il avait la possibilité de dire non (même si cela compliquait un peu les choses)

Vous voulez dire SMART ?

En reprenant les 7 points précédents, issus des livres de Marshall Rosenberg, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce fameux acronyme « SMART » repris à toutes les sauces, y compris en sophrologie.

La différence entre ces 7 points et les objectifs SMART réside simplement dans l’utilisation que nous en faisons. Dans le premier cas, nous formulons une demande pour communiquer, établir une relation, un dialogue.

Dans le second, nous donnons un objectif, une forme d’ordre ou de directive. Nous fixons un objectif. Il est peut-être partagé, mais cela reste directif.

Vouloir utiliser SMART dans un dialogue, c’est aussi en oublier l’origine et le principe. Le concept d’objectif SMART a été mis au point par Peter Drucker, en 1954. Il est l’un des éléments nécessaires au management par objectif.

Cette approche devait révolutionner, de façon constructive, les relations au sein de l’entreprise et motiver les collaborateurs. Mal comprise ou mal appliquée, elle a donné naissance aux plus grandes sources de burn-out et de stress.

L’utiliser en sophrologie m’a donc toujours paru assez incongru même si, dans l’idéal, le principe est formidable.

Pour allez plus loin

Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) – Marshall Rosenberg

[/fusion_fontawesome]Le livre de référence.

Le management par objectifs de Peter Drucker (format broché ou kindle)

La communication non violente au quotidien – Marshall Rosenberg

 

Par |2018-08-08T12:49:38+00:0012/06/2017|Stress|

2 Comments

  1. Sabine PERNET 12 juin 2017 à 11 h 29 min

    Bonjour Patrick
    « Je pense » est, pour moi, l’aboutissement d’une réflexion et souvent l’évaluation d’une situation par rapport à un certain nombre d’éléments de valeur ou de référentiel. Il me semble donc naturel de le considérer comme un jugement. Pour autant, un jugement peut être (relativement) impartial.
    Mais ici le problème n’est pas tant la partialité du jugement par celui qui l’émet que le ressenti réel de celui qui le reçoit. Rester sur du factuel élimine souvent les problèmes liés à l’interprétation du jugement, comme ceux liés à la relation qui peut s’établir entre celui qui juge (de quel droit, avec quelle légitimité) et celui qui le subit.

  2. Patrick Goupy 12 juin 2017 à 11 h 09 min

    Coucou Sabine
    Pourquoi penses tu que « je pense » est un jugement ?
    Au plaisir de te lire
    Patrick

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