Retour au travail en présentiel

Le temps du retour au travail en présentiel est arrivé.

Même si pour certains cette réalité ne s’est jamais arrêtée, le 14 juin a marqué la fin officielle d’une période très particulière.

En effet, avant qu’il ne soit rendu obligatoire, le télétravail ne concernait qu’une partie infime des salariés.

Les rares salariés qui en bénéficiaient étaient souvent enviés par leurs collègues.

L’obligation dépasser dans ce mode pour raison sanitaire a rebattu les cartes.

Beaucoup ont déchanté et se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas faits pour ce mode de vie. Au contraire, d’autres se sont découvert un nouvel équilibre.

Bref, nous avons vécu une année de doutes, de remises en question, de réorganisation.

Aujourd’hui que sonne l’heure du retour au travail en présentiel se posent pour beaucoup des questions auxquelles personne n’aurait pensé : comment vais-je le vivre ? La vie de bureau post COVID sera-t-elle la même qu’avant ? Ai-je vraiment envie de refaire la même chose ?

Alors, le retour au travail en présentiel sera-t-il une délivrance ou la fin d’une période de bonheur ?

Les effets du confinement

Une publication récente (Brooks & All 2020), parue dans The Lancet, basée sur l’analyse de 24 études portant sur l’impact du confinement, dresse la liste des facteurs de stress générés par cette période qui impactent la santé.

En premier lieu, on y trouve évidemment la durée de la pandémie  et les craintes d’affection. Suivies de près par la peur, la colère, le deuil, l’anxiété…

Mais au-delà des craintes sur la santé, ce confinement a également eu des répercussions psychologiques liées à notre activité professionnelle : la frustration, l’ennuie, la crainte pour la pérennité de notre emploi, la rupture des liens sociaux habituels …

Le flou, la désorganisation et le manque de communication de certaines entreprises ont fait de la suspension du travail en présentiel un véritable calvaire.

Résilience et adaptation

Dans les premiers mois, comme pour tout changement, il y eut une période de refus, de rébellion. Chacun protégeant sa vision du monde, et ce qu’il avait construit jusque là, contre un effondrement redouté.

Puis, nous nous sommes adaptés. Nous avons appris à maîtriser cette nouvelle forme d’activité qu’est le télétravail. Après avoir ressenti cette arrivée massive du travail au sein même du foyer, nous avons réussi à trouver enfin cet équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Certains en ont profité pour quitter les grandes villes. Se remettre en contact avec la nature et avec eux-mêmes. Cette période étrange qui a subitement donné le temps a également permis à certains d’être enfin eux-mêmes. De retrouver certains plaisirs simples : bricolage, cuisine, musique.

D’autres enfin en ont profité pour faire table rase et, fort de leur expérience, recommencer une nouvelle vie qui corresponde à leur idéal.

Si nos modes de vie ont changé, nos entreprises aussi. Elles sont de plus en plus nombreuses à se poser la question de conserver leurs bureaux. Certaines ont déjà sauté le pas : le présentiel ne sera plus que l’exception.

Dans nos esprits, le retour au travail en présentiel était devenu une perspective lointaine. Aussi, pour beaucoup, le retour au travail vient encore une fois tout chambouler.

Un retour au travail pas toujours réjouissant

Si pour beaucoup le retour au travail est aussi signe d’une reprise de la vie sociale, il apporte également son cortège de questions et d’angoisses.

Parce que l’épidémie est toujours là, la crainte de la contamination subsiste. Après l’isolement, la distance qu’il nous faut maintenir avec les collègues vient perturber nos habitudes. Nous sommes coincés dans un entre-deux qui peut déstabiliser.

Ce retour au travail est également la source de nombreux questionnements sur notre relation au travail. Ainsi, certains se poseront-ils la question de l’intérêt réel qu’ils ont pour ce dernier. La « pause » forcée et le temps de réflexion qu’elle a offert leur auront permis de se rendre compte du désintérêt pour cet emploi qui n’est qu’alimentaire.

Dans un autre ordre d’idée, certains rentreront dans une société mal en point. Dans ces conditions, la, joie du retour au travail sera vite gâchée par la réalité économique et les conséquences à court terme de cette crise.

Enfin, certains ne supporteront tout simplement plus le rythme qu’imposaient les entreprises avant la pandémie. Ainsi on commence à voir de plus en plus de cadres refuser des postes qui n’incluent plus de télétravail ou qui les obligeraient à revenir sur les grandes métropoles.

Mais qu’en sera-t-il des autres ? De ceux qui ne peuvent imposer ce choix et devront subir chaque jour la crainte qu’un nouveau variant n’arrive. Qui ne pourront bénéficier d’un rythme de vie choisi. Qui devront renoncer à tout ce que le télétravail leur avait offert ?

Le besoin d’un accompagnement en présentiel

Heureusement, de nombreuses entreprises ont su anticiper ce moment très particulier et de nombreuses actions. Les plus courantes permettent :

  • Une reprise étalée et sécurisée : des retours par service, quelques jours par semaine, dans des conditions sanitaires très strictes, mais qui permettent une reprise en douceur de cet aspect social si important au travail.
  • Une écoute des attentes et craintes individuelles, qui passe le plus souvent par une forte interaction avec les managers pour faire le point sur les attentes de chacun. Mais aussi sur la situation réelle de l’entreprise et des (ré)organisations qui s’annoncent le plus souvent.

Pourtant, ces mesures et tous les efforts qui les accompagnent n’empêcheront pas l’apparition de nombreuses microcrises, de questionnements et de tensions.

Comme pour la gestion du stress et du brun out du monde d’avant, la gestion de la COVID au sein de l’entreprise nous renvoie à notre capacité, en tant que groupe, à gérer nos émotions, à notre capacité à communiquer et écouter de façon active, bref à tous ces softs skills qu’un sophrologue peut aider à développer au sein de l’entreprise.

Cette activité occupe déjà une partie de mon agenda pour les mois à venir et je ne doute pas qu’avec la rentrée et les journées dédiées à la qualité de vie au travail, la demande ne fasse que croître.

C’est la preuve, une fois de plus que notre place ne se limite pas uniquement à nos cabinets, loin de là !