Site icon Sabine PERNET ⎮ Sophrologue Béthune – La Bassée

Libérez-vous des suppositions les plus néfastes

Libérez-vous des suppositions les plus néfastes

Nous passons notre vie à faire des suppositions, à construire des hypothèses. C’est une mécanique bien huilée qui permet à notre cerveau de travailler en automatique et de répondre à des milliers de sollicitations.

Mais faire des suppositions, c’est aussi prêter des intentions aux autres. C’est prendre le risque de les enfermer, et de s’enfermer soi-même dans des cases.

Aussi, comprendre et se libérer des suppositions les plus communes et les plus néfastes est un acte essentiel.

C’est l’un des premiers pas vers la paix intérieure que je vous propose de découvrir aujourd’hui.

De la supposition à l’intention

“Ne faites pas de suppositions” nous renvoie certes aux quatre accords toltèques, mais comment l’interpréter ? Quel mécanisme de la pensée se cache derrière cette injonction ?

En premier lieu, il semble important de comprendre que ce que nous nommons supposition n’est rien d’autre qu’une intention que l’on prête aux autres, à soi-même ou aux deux réunis.

Ainsi, la simple phrase “je ne vais pas réussir à les convaincre. Ils vont tous me prendre pour une idiote” réunit toutes les caractéristiques. En effet, non seulement je me prête l’intention d’échouer et considérant cela comme acquis, mais je présuppose aussi de la réaction de mes auditeurs.

Ces projections vont créer des filtres qui vont venir distordre la réalité et nous enfermer dans une vision personnelle néfaste.

Le filtre d’interprétation

Je peux projeter une intention, ou une supposition sur :

Or, une supposition conditionne nécessairement mon jugement personnel. En effet, si je la considère comme vraie, alors elle devient la seule possible.

Dans sa version extrême, cela peut tourner à l’accusation ou au sentiment de persécution. “Il ne m’aime plus” devient “Il a une maîtresse”. “Ils ne vont jamais m’accepter” devient “Ils m’en veulent et cherchent à me nuire”.

Les effets de la supposition sur soi-même sont tout aussi délétères. Les plus courants sont l’autosabotage et les pensées limitantes.

Pour comprendre l’autosabotage, je vous invite à vous reporter à l’article sur le syndrome de l’imposteur. C’est certainement l’une des manifestations les plus édifiantes de cette terrible habitude.

Les croyances limitantes sont également un sujet complexe. Je me contenterais ici d’en rappeler le principe : elles reposent sur le système de prophétie autoréalisatrice. Faites la supposition “je suis…” et vous le deviendrez.

Non seulement cette attitude est le meilleur moyen de vous enfermer dans une case qui deviendra rapidement trop étroite et insupportable. Mais c’est aussi le meilleur moyen d’attaquer sérieusement votre capital “confiance en soi”, si précieux.

Vivre avec un stress permanent

Je ne pouvais finir ce chapitre sans aborder les effets sur le stress que ces situations génèrent.

« État psychologique issu de la perception d’un déséquilibre entre les attentes perçues et l’autoévaluation de ses propres capacités à rencontrer les exigences de la tâche »

Jacques Larue

Entre supposition sur les attentes externes et sous-estimation de nos capacités, cette définition du stress est une véritable synthèse des effets pervers de la situation.

Vivre dans un univers de suppositions ne fait que créer ce déséquilibre et vous oblige à vivre avec un stress permanent. Les deux paramètres qui le rendent supportable sont votre niveau de tolérance et son intensité… jusqu’à ce que vous atteigniez les limites de l’un ou de l’autre.

Se libérer des suppositions les plus néfastes

Alors, faut-il s’astreindre à éliminer toutes suppositions de notre vie ? Certainement pas. Ce serait de toute façon impossible. En effet, avec plus de 24 décisions par minute, notre cerveau doit faire des suppositions. Notre vie serait un enfer si nous devions, en conscience, analyser chacune des options.

Cependant, il est une typologie particulière à laquelle nous devons prêter attention : toutes les suppositions ou intentions qui touchent à l’image de soi. Que ce soit des intentions que l’on se prête ou que l’on prête aux autres.

Le premier pas est d’accepter qu’il puisse y avoir un biais et que la réalité ne soit pas obligatoirement celle que l’on perçoit.

Accepter de se remettre ainsi en question n’est possible qu’avec de la bienveillance envers soi, comme envers les autres. Sans cet élément indispensable, comme accepter qu’il puisse y avoir une vision différente et chercher à la comprendre ?

Cette recherche de la compréhension vous amène à la dernière étape : le questionnement et l’ouverture aux autres. En effet, quel meilleur moyen d’éliminer une supposition que de poser des questions ?

Loin d’être un aveu de faiblesse ou d’ignorance, poser des questions et interroger les autres est donc l’aboutissement d’un cheminement complexe et l’une des étapes vers la maturité émotionnelle.

 

Bibliographie :

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