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La dépendance affective : premier frein au changement

Temps de lecture estimé : 4 minutes

La dépendance affective est probablement le frein le plus courant mais aussi le plus complexe au changement.

Ce serait un tors que de limiter la dépendance affective aux cercles intimes des relations amoureuses ou filiales.

Elle intervient également, de façon négative, dans nos décisions les plus importantes.

Je vous propose donc d’apprendre à connaître ce frein, son fonctionnement et ses ressorts, pour mieux en tenir compte… et ne pas tomber dans son piège.

Qu’est-ce que la dépendance affective ?

Nous avons tous ressentis ce frisson délicieux que provoque le sentiment du devoir accompli.

Un mot de votre chef ou vos proches pour vous féliciter de la qualité de ce que vous venez d’accomplir, et vous vous sentez invincible. Savoir qu’ils s’intéressent à vous et vous le font savoir vous donne des ailes.

Que l’on vienne vous demande votre avis ou même votre approbation et vous vous sentez reconnu(e, légitime. Vous avez acquis une place au sein du groupe.

En fin de compte, la dépendance affective se caractérise par un besoin excessif de toutes ces choses. Quand il vous devient impossible de vivre sans avoir, en permanence, le sentiment d’être aimé, écouté, reconnu.

Vous avez un besoin insatiable d’attention et d’approbation pour chacun de vos actes. Il suffit d’un rien pour vous sentir délaissé, rabaissé, inutile. Et pour éviter cette frustration, vous rentrez dans une spirale infernale et destructrice.

Pire, vous devenez la proie idéale des manipulateurs en tous genres. Cette dépendance devient leur meilleur atout pour obtenir tout ce qu’ils souhaitent de vous.

Pour cet article, je n’aborderai pas le sujet de la dépendance affective au sein du couple. C’est un sujet à part entière et il a déjà été traité de façon très approfondie comme dans l’excellent article de Psychologie Magazine que je vous invite à lire.

Mécanique et conséquences de la dépendance

Vous souvenez-vous du point de bascule sur la courbe du changement ? Ce point où se produit le fameux déclic qui vous propulse vers la phase de projet ? Il ne peut y avoir de changement sans passer ce cap. Au mieux, vous restez dans le bilan, au pire dans le déni, le doute et le refus.

La dépendance affective est l’un des freins qui rends ce passage difficile. Elle crée le doute et vous donne le sentiment de devoir faire des choix déchirants… mais est-ce le cas ?

En effet, ces situations déchirantes ne sont souvent que les conséquences de cette dépendance affective. Sans elle la question ne se poserait même pas.

Voici les deux exemples les plus fréquents :

Le sentiment d’obligation

« Je ne peux pas / je dois faire ceci ou cela vis à vis de mon chef / mes parents / tel ou tel personne à qui j’accorde une autorité ».

Qui n’a jamais prononcé ou simplement pensé ce type de phrases ? Toute la tradition judéo-chrétienne est fondée sur les notions de faute et de devoir. Ces contraintes imprègnent toute notre éducation.

Aussi dès que l’on pense à soi, à couper certains liens, nous devons faire face à un sentiment d’obligation. Sentiment d’obligation qui se transforme vite en sentiments de faute et de culpabilité.

Ces sentiments sont des freins non négligeables. Heureusement, avec un peu de recul, on se rends compte assez rapidement qu’il est possible de se libérer de cette dépendance. En effet ces postulats reposent sur des idées limitantes faciles à remettre en question.

La perte d’identité

A force de vouloir plaire aux autres, la dépendance affective nous fait perdre tout ce qui fait notre propre identité. Nous vivons pour et à travers les autres. Nous abandonnons tout pour continuer à être le centre de leur attention et recevoir leur approbation.

Cette perte d’identité s’accompagne « naturellement » d’une perte de toute confiance en soi. En effet la peur constante de déplaire ou d’être oublier est l’une des caractéristiques de la dépendance affective. Celui ou celle qui en est prisonnier passe sa vie à évaluer chacun de ses actes. À espérer que sa parole, son geste ou sa simple attitude ne vont pas déplaire et le laisser seul.

De fait, cette dépendance produit un repli sur soi, qui peut aller jusqu’à la perte de toute sociabilité. Il devient impossible de trouver en soi les ressources nécessaires à l’aboutissement de n’importe quel projet.

Casser la dépendance

Toute la difficulté à casser cette dépendance affective qui nous freine réside dans un paradoxe : s’il faut casser la dépendance pour changer, il faut changer pour casser la dépendance !

Rassurez-vous ce n’est pas si complexe que cela en a l’air ! En effet, ce qu’il faut changer, c’est l’image que l’on a de soi. Il faut réussir à admettre que la seule personne dont nous avons besoin de l’approbation, c’est nous-même !

Le rôle du sophrologue n’est pas de vous donner confiance en un coups de baguette magique. Mais de vous accompagner sur le chemin qui vous amènera à vous aimer pour qui vous êtes. Ainsi vous serez en mesure de reconstruire cet estime de vous-même nécessaire pour sortir de cette dépendance affective.

À partir de ce point, tous les changements vous sont possibles !

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