Site icon Sophrologue Béthune – La Bassée

Biais cognitifs : quand votre cerveau prend des raccourcis

Biais cognitifsLes biais cognitifs peuvent être assimilés à des raccourcis que prend notre cerveau dans certaines situations.

Cependant, si l’objectif premier est de nous, ou plutôt de lui faciliter le travail, ces biais cognitifs créent parfois des situations indésirables.

Ces biais sont nombreux. Je vous propose d’en découvrir quelque-un bien ancrés et parfois même totalement assumés. Mais, rassurez-vous, nous verrons qu’il est tout aussi simple de les éviter que d’y succomber.

Que sont les biais cognitifs ?

Les biais cognitifs se définissent comme des « déviation systématiques de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité ».

Traduit en langage courant, cela signifie qu’ils altèrent nos jugements et nos capacités de raisonnement. Ils opèrent de façon totalement transparente et inconsciente. C’est ce qui les rend parfois dangereux quand il s’agit de prendre des décisions importantes.

Les biais cognitifs peuvent être assimilés à des raccourcis, des moyens de gagner du temps. En effet, quand notre cerveau rencontre des schémas ou des archétypes qui lui sont familiers, plutôt que de se lancer dans un travail long et coûteux en énergie, il va directement à ce qu’il pense être la solution.

Ce mode de fonctionnement, s’il reste critiquable, a quand même permis notre survie pendant des millénaires. Quand l’homme n’était pas encore le plus grand prédateur, ces phénomènes lui ont permis de réagir pour assurer sa sécurité et savoir où et avec qui il était en sécurité.

Ce concept a été introduit au début des années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky pour expliquer certaines tendances vers des décisions irrationnelles dans le domaine économique. Depuis le début de ces travaux, ce sont plus de 200 biais cognitifs qui ont été recensés. Si cela vous intéresse, je vous invite à en imprimer la cartographie complète… mais il vous faudra un très grand format.

Implications dans notre vie de tous les jours

Selon une étude réalisée dans le cadre de recherches sur l’intelligence artificielle par Lightspeed Research, notre cerveau est soumis à au moins 35.000 décisions par jour, soit plus de 24 décisions par minute.

On comprend mieux pourquoi la nature nous a dotés d’un « pilote automatique » qui assure 97,4% de ces décisions. Oui, vous avez bien lu. Sur les 35.000 décisions, vous n’en prenez que 910 de façon totalement consciente, enfin, presque !

En effet, une grande partie de ces 910 prises de décisions journalières subissent les effets des biais cognitifs. Elles ne sont donc plus le seul fruit de vos décisions propres. L’exemple suivant va vous permettre de mieux comprendre pourquoi.

Une bonne première impression, vraiment ?

À moins de vivre quelque part au fond d’une grotte, coupé de toute civilisation (mais, comment êtes-vous arrivé sur ce blog ?), vous avez déjà entendu au moins une fois énoncer ce principe quasi-universel qui voudrait que la première impression que l’on fait soit essentielle ?

À elle seule, cette pseudo-affirmation regroupe ou induit plusieurs biais dont le premier est celui de l’ancrage mental.

Le biais cognitif d’encrage mental repose sur la façon dont la mémoire se forme puis persiste dans notre cerveau par la répétition. Dans le cas de la « première bonne impression », il fonctionne en tandem avec un autre biais très courant, celui de la primauté.

L’effet de primauté consiste à se souvenir plus facilement des premiers éléments présentés que des suivants. Essayez d’apprendre une liste de 10 choses en quelques secondes. Vous vous souviendrez des premières, mais, plus vous avancez dans la liste, plus c’est difficile.

Ainsi assemblé, le cocktail  de ces deux phénomènes est détonant. L’effet de primauté vous fait retenir ce que vous avez vu ou ressenti en premier. Alors que l’encrage mental vient renforcer ce souvenir à chaque fois que vous y pensez. Résultat, vous occultez tout le reste et en le rendez toujours plus difficile à remettre en cause à chaque fois que vous y pensez.

Biais de confirmation et d’autocomplaisance

Mais avez-vous vraiment envie de remettre en cause cette « première bonne impression » ? En réalité, c’est assez peu souvent le cas. En effet vous êtes sous l’influence de 2 autres biais cognitifs qui vérouillent votre position: le biais de confirmation et le biais d’autocomplaisance.

Le biais de confirmation consiste à chercher constamment à confirmer sa façon de penser plutôt qu’à la remettre en cause. En d’autres mots, le biais de confirmation nous incite à continuer à croire ce que l’on croit déjà.

Dans le cas présent, pourquoi remettre en cause notre première impression, puisque c’est quelque chose que l’on nous apprend depuis toujours (tiens, voici un biais culturel !)

Par ailleurs, quelle que soit la réalité de cette première impression, nous pouvons toujours nous réfugier derrière le biais d’autocomplaisance. Grâce à lui, si c’est vrai, nous en tirons tous les mérites. Dans le cas contraire, c’est que l’autre est fourbe et cachait bien son jeu.

S’affranchir des biais cognitifs

En premier lieu se pose la question de savoir si l’on peut vraiment s’affranchir complètement de ces biais cognitifs ? La réponse est clairement non. Ils font partie du fonctionnement de notre cerveau et contribuent à éviter une surcharge mentale qui aurait des effets délétères tant sur notre santé mentale que sur notre capacité même à prendre des décisions.

Par contre, il est important de les connaître et d’en prendre conscience. En effet, c’est le meilleur moyen de mettre un frein salutaire à ces mécanismes lorsqu’il nous faut prendre des décisions importantes ou porter des jugements pouvant avoir des conséquences importantes.

La sophrologie apporte nombre de techniques qui permettent de limiter les effets de ces biais cognitifs. Je pense en particulier à toutes les techniques qui portent sur l’attention et la concentration.

Dans un autre ordre d’idée, la sophrologie peut également vous aider de façon efficace à accepter et accompagner le changement. En effet, nombre de biais ne sont que des freins au changement. L’exemple pris dans cet article le montre bien.

 

Quitter la version mobile