Apprendre à dire nonApprendre à dire non fait partie de choses dont nous sommes nombreux à rêver.

Combien de fois avons nous regretté de ne pas avoir réussi à dire non ? Que ce soit à un proche, au travail ou, pire encore, à ce vendeur qui a su tirer les ficelles de notre inconscient.

Il est plus facile de dire oui que de dire non… Et nous nous retrouvons à consacrer du temps et de l’énergie à des choses inutiles, quand elles ne sont pas nocives.

Il existe de nombreuses façons de dire non, mais l’essentiel est de s’y tenir.

C’est pourquoi je vous propose non seulement une méthode simple pour apprendre à dire non. Mais aussi comment résister aux pressions contraires.

Pourquoi dire non ?

Dans un article précédent, nous avions déjà abordé l’aspect social de cette question. Nous avons vu à quel point le risque de compromettre notre relation aux autres pouvait influencer nos décisions.

De même, plus récemment, je vous ai expliqué comment les manipulateurs jouaient sur ce sentiment de culpabilité qui nous empêche de dire non. C’est un des deux leviers les plus puissants de la manipulation.

Cependant, il reste encore une excellente raison d’apprendre à dire non.

En effet, comme l’explique la sociologue Christine Carter, du Greater Good Science Center de l’Université de Berkeley, dire oui est un cercle vicieux.

Je réponds aux besoins d’autrui, au détriment des miens. Résultat ? Je finis par être tellement épuisé que je suis incapable de m’occuper de qui que ce soit, moi incluse.

Effectivement, nous disposons d’une quantité limitée de temps et d’énergie. Par conséquent, dire oui à une demande implique de faire le sacrifice de temps et d’énergie.

Ainsi, accepter de se surcharger professionnellement ou sous toute autre forme a toujours une contrepartie. En effet, par manque de temps, on sacrifie son sommeil, sa santé, son bien-être, le temps passé avec ses proches…

Bref, une première façon d’apprendre à dire non est  d’avoir conscience des choses auxquelles on dit non, quand on dit oui.

Apprendre à dire non

Une fois que vous avez pris conscience de l’importance de savoir dire non, reste encore ce qui nous semble le plus difficile : passer à l’acte.

Mais, rassurez-vous, les choses ne sont pas aussi difficiles qu’elles ne le paraissent. En fait, dire non de façon efficace nécessite trois étapes :

  1. Se préparer
  2. Dire non
  3. Ne pas changer d’avis

Se préparer

Bien trop souvent, nous répondons aux sollicitations pas automatisme ou par convention sociale. La première des choses est donc d’apprendre avec votre sophrologue à mettre en pause ce pilote automatique. À revenir à plus de conscience, de présence et d’attention.

Se préparer intérieurement à dire non, c’est aussi se protéger. Sembler indécis pousse certaines personnes à insister. À l’opposé, il est plus facile d’affirmer un non définitif quand on est conscient des raisons et motivations de son refus.

Se préparer à dire non c’est donc se poser les questions suivantes avant même de faire son choix :

  1. En ai-je vraiment envie ?
  2. Cela va-t-il me faire du bien ?
  3. Ai-je le sentiment d’accepter par devoir ?

Ainsi, répondre oui aux deux premières et non à la troisième vous donne une réponse sans équivoque : allez-y !

Dans tout autre cas… préparez-vous à renoncer à autre chose !

Dire non

Il existe de multiples façons de dire non. En fin de cet article, je vous en proposerais 21 issue du blog de Christine Carter.

Vous constaterez qu’il existe plusieurs stratégies : le non brut, le flou, la solution alternative, la négociation …

Toutes ces stratégies, à une exception près, partagent la même constante : ne justifiez pas votre refus ! Expliquer votre décision ne fait que l’affaiblir, quand cela ne donne pas les arguments pour la contourner à votre interlocuteur.

Cependant, la façon de verbaliser la chose n’est pas la plus importante. Le plus important quand on veut apprendre à dire non, est de s’autoriser à le faire… et d’accepter de décevoir l’autre.

Cet élément est essentiel à la troisième étape pour apprendre à dire non.

Camper sur ses positions

La technique la plus courante est certainement celle du disque rayé : oui, je comprends bien, mais c’est non ! J’entends vos arguments, mais je ne changerais pas d’avis… faites preuve de créativité, mais ne lâchez pas !

Apprendre à dire non, c’est aussi ne laisser aucune place à un éventuel sentiment de culpabilité. Il est impossible de satisfaire tout le monde. Poser des limites n’est pas un acte égoïste. Au contraire, cela permet d’établir des relations plus sereines et respectueuses.

Pour rester attentif aux besoins des autres, il faut savoir faire des compromis avec ses propres besoins. Il existe un petit truc très simple pour cela : planifiez vos moments agréables !

Bloquez votre agenda avec vos sorties en familles, vos séances de sport ou de relaxation… Il deviendra beaucoup plus facile de refuser. En effet, non seulement vous aurez déjà prévu quelque chose, mais en plus une chose qui vous motive, vous fait du bien et que vous faites par plaisir.

21 façons de le dire

Comme promis, voici 21 façons de dire non proposée par Christine Carter. A vous d’en inventer d’autres en fonction de la situation.

  1. Vague, mais efficace :  « Merci pour cette invitation, mais cela ne va pas être possible pour moi. »
  2. Rien de personnel :  « Merci pour cette invitation, mais je ne fais pas d’interviews pendant que je travaille sur un projet. »
  3. Plus tard ? : «J’aimerais bien, mais je ne suis pas disponible jusqu’à début avril. Pourras-tu me solliciter de nouveau à partir de cette date ?  »
  4. Permettez – moi de vous réorienter : « Je ne peux pas le faire, mais je parie que XXX peut. Je vais lui demander pour vous ».
  5. Essayez encore « Aucune de ces dates ne m’arrange, mais je serais ravi de vous voir. Avez-vous d’autres dates disponibles ? ».
  6. Autre opportunité : « Je ne peux pas accepter cette fois-ci, mais je serais ravi de le faire avec vous à la prochaine occasion. J’attends votre appel ».
  7. Gratitude: « Merci beaucoup pour votre enthousiasme et votre soutien ! Je suis désolé , je ne suis pas en mesure de vous aider en ce moment ».
  8. Déléguer : « Ce sont souvent les mamans qui organisent les fêtes à l’école. Que pensez-vous de demander aux papas cette fois ? »
  9. Offrez une alternative : « Je ne peux pas parler de cet événement, mais je peux lancer un appel et envoyer un email à tous mes contacts si vous êtes d’accord. L’un d’entre eux pourra peut-être vous aider ? »
  10. Juste dire non : « Merci, mais je ne vais pas pouvoir »
  11. Avec élégance : « J’apprécie sincèrement que vous me sollicitiez, mais je ne suis malheureusement pas disponible. »
  12. Je suis désolé : « J’aimerais beaucoup, mais mon emploi du temps est surchargé. Désolé. »
  13. Engagement auprès d’autrui : « Je me suis engagé auprès de mon sophrologue (thérapeute, mari, etc.) à n’accepter aucun autre projet pour l’instant. J’essaye de rétablir un certain équilibre dans ma vie. »
  14. Famille : « Merci beaucoup pour l’invitation, qui est le jour du match de football de mon fils, et je ne le manque jamais. »
  15. Recommandation : « Je n’ai pas le temps en ce moment. Permettez – moi de vous recommander quelqu’un qui peut être en mesure de vous aider. »
  16. Je suis déjà occupé : « Je vous remercie d’avoir pensé à moi, mais je crains de ne pas être disponible ce jour – là. »
  17. Poser des limites : « Voici ce que je peux faire… »
  18. Ni oui ni non : « Laissez – moi y réfléchir, et je reviens vers vous. »
  19. Ne rien dire : toutes les demandes ne nécessitent pas forcément une réponse. Alors, certes, il n’est pas très agréable d’ignorer une demande, mais c’est parfois la meilleure solution.
  20. Raconter ses déboires  : « Une inondation dans la maison/ un enfant malade/une panne de voiture/… m’oblige à refuser votre offre. »
  21. Incapacité : « Je ne me sens vraiment pas bien en ce moment. J’ai besoin de me recentrer. »

 

Bibliographie

Quelques livres pour aller plus loin sur ce sujet

En français

En anglais