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Aimer ce qui est : séparez vous de vos pensées limitantes

Aimer ce qui est - Byron KatieJ’avais déjà évoqué « Aimer ce qui est », le livre de Byron Katie dans un article précédent.

Ce livre, ou plutôt la méthode d’inspection qu’il propose mérite bien plus que les quelques lignes que je lui ai accordées.

Aussi, j’ai décidé de recommencer le cycle des articles sur les livres que j’ai aimé par « Aimer ce qui est » de Byron Katie.

Si vous suivez ce blog, vous aurez déjà compris à quel point ce titre peut résonner en moi. Il résume en 4 mots le résultat d’un long travail sur soi.

Avant de nous plonger dans ce livre, je tenais à faire une mise en garde nécessaire : ce livre, comme beaucoup d’autres, n’apporte pas LA solution à tous les problèmes. En effet, il propose qu’une méthode, un outil de questionnement. Par contre, les réponses ne peuvent venir que de vous.

Présentation de « Aimer ce qui est » par l’éditeur :

« Aimer ce qui est » présente une démarche étonnamment simple et pourtant d’une incroyable efficacité pour se libérer du stress et mieux vivre sa vie.

« Ce n’est pas la réalité qui nous fait souffrir, mais nos pensées sur la réalité. » Byron Katie

Le Travail de Byron Katie, fondé sur quatre questions simples et profondes à la fois, permet à chacun de se libérer des illusions et des limites du mental qui nous bloquent l’accès à la sérénité, à l’amour et à la joie de vivre.

« Aimer ce qui est » est organisé comme un manuel pratique qui vous guidera pas à pas pour découvrir et mettre en pratique le « Travail » pour vous-même.

Qui est Byron Katie

À l’âge de 30 ans, Byron Katie tombe dans une dépression sévère qui durera 10 ans et qui ne fera que s’aggraver.

Durant presque 2 ans, elle reste clouée à son lit obsédée par des idées suicidaires. Puis, un matin, elle a comme une révélation, “un moment d’éveil” qui va littéralement changer son existence.

Elle comprend alors que ce n’est pas le monde autour d’elle qui a causé sa dépression, mais bien ce qu’elle voulait en faire, la manière dont elle voulait le modeler à son image, ce qu’elle en pensait.

Elle décide alors de formaliser sa démarche de questionnement, qu’elle nommera “Le Travail” et de la partager dans son livre « Aimer ce qui est ».

La méthode proposée par « Aimer ce qui est »

En premier lieu, il me semble opportun de clarifier quelques notions essentielles qui aideront à la compréhension générale de la démarche.

D’abord, je vous propose de remettre des mots précis derrière des concepts. La méthode proposée par Kathie dans « Aimer ce qui est », est une démarche d’inspection. Elle n’est ni examen de conscience ni introspection.

L’introspection est une méthode d’observation de ses propres états psychologiques où le sujet se coupe du monde pour s’observer lui-même. À l’inverse, « Aimer ce qui est » vous propose de regarder le monde, de vous y reconnecter.

L’examen de conscience est une interrogation sur ses propres aptitudes que l’on juge bien ou mal en fonction de références sociales. Ici, aucun jugement. La méthode n’impose pas le cadre. Au contraire, elle vous pousse à sortir de celui qui pourrait vous limiter.

Alors, quelle est cette inspection que propose « Aimer ce qui est » ? Il est difficile de résumer ce que l’auteur met un livre entier à expliquer à l’aide de nombreux exemples.

Pourtant, on peut dire que cette inspection a pour objectif de provoquer une sorte de résonance. Une expérience intime qui fait naître une pensée différente. Elle permet de s’affranchir des carcans et pensées limitantes qui nous brident.

Si « Aimer ce qui est » vous propose une technique, une méthode, le véritable travail, la véritable solution est en vous. Il n’y a que vous qui puissiez la trouver.

La mise en œuvre

Ici encore, mon résumé ne pourra qu’effleurer la méthode d’inspection proposée par « Aimer ce qui est ». Il me faudrait des heures pour vous en offrir une photographie réaliste. Mais essayons.

L’idée est donc de vous permettre de faire face à des situations difficiles, des relations conflictuelles ou tout autre événement qui vous perturbe, bloque ou pire vous rend malheureux au point de vous renfermer dans votre colère, vos ressentiments ou toute autre attitude négative et limitante.

Pour cela, le « travail » proposé par Byron Katie se décompose en 3 phases :

  1. Exprimer son ressenti
  2. Questionner
  3. Retourner les pensées

Exprimer son ressenti

Dans cette phase vous êtes invités à laisser vos sentiments s’exprimer. De la façon la plut honnête possible, sans censure, sans chercher à être politiquement correcte. Il faut aller au fond des choses. Pour cela, le travail commence par 6 questions.

Mais attentions, pour y répondre, vous faudra déjà apprendre à éliminer les reproches génériques. Tous ces ressentiments qui ne s’adressent à personnes et sur les lequel vous n’avez aucune action.

Bref, vous ne devez parler que de vos affaires ou celles des autres. Si ces concepts ne vous parlent pas, je vous invite à revenir sur l’article qui les détaille avant d’aller plus loin.

  1. Qui vous irrite, vous perturbe, vous attriste ou vous déçoit et pourquoi ? Qu’est-ce que vous n’aimez pas à leur sujet ?
  2. Comment voulez-vous qu’il/elle change ? Que voulez-vous qu’il/elle fasse?
  3. Que devrait ou ne devrait-il/elle pas faire, être, penser ou ressentir ? Quel conseil pourriez-vous offrir ?
  4. Avez-vous besoin de quoi que ce soit de sa part ? Que doit-il/elle faire pour vous permettre d’être heureux ?
  5. Que pensez-vous de lui/elle ? Faites une liste. (Souvenez-vous d’être mesquin et critique.)
  6. Qu’est-ce que vous ne voulez plus jamais éprouver avec cette personne

L’exemple de feuille de travail que vous pouvez télécharger en bas de cet article vous montrera qu’une structure bien particulière est demandée pour chaque réponse. Cela fait partie du travail, de la maturation.

Questionner

Ensuite, vous allez devoir passer chacune de ces réponses au crible des 4 questions qui sont le point central du travail. Prenons par exemple la pensée « mon ado ne m’écoute pas » :

  1. Est-ce que c’est vrai ? Posez-vous la question à vous-même : « Est-ce que c’est vrai que mon ado ne m’écoute pas ? » Soyez calme. Si vous voulez vraiment connaître la vérité, la réponse va venir à la rencontre de la question. Laissez le mental poser la question et attendez que la réponse surgisse.
  2. Pouvez-vous absolument savoir que c’est vrai ? Prenez cette question en considération : « Puis-je absolument savoir que c’est vrai qu’il/elle ne m’écoute pas ? Puis-je jamais vraiment savoir si quelqu’un écoute ou pas ? M’arrive-t-il parfois d’écouter alors que je n’en donne pas l’impression ? »
  3. Comment réagissez-vous, que se passe-t-il, quand vous croyez cette pensée ? De quelle façon réagissez-vous quand vous croyez que votre ado ne vous écoute pas ? Comment le traitez-vous ? Faites une liste. Par exemple : « Je lui fais la tête, l’interromps, le/la punis en ne faisant pas attention à lui/elle. Ou encore, je parle plus vite et plus fort et j’essaye de le forcer à écouter. » Ensuite, continuez à faire votre liste tout en explorant en vous et regardez comment vous vous traitez vous-même dans cette situation comment cela vous fait ressentir. « Je me ferme ou je m’isole, je mange et je dors trop et je regarde la télévision pendant des jours, je me sens déprimée et seule. » Remarquez tous les effets liés au fait de croire cette pensée « il/elle ne m’écoute pas ».
  4. Qui seriez-vous sans la pensée ? Considérez qui vous seriez sans la pensée « il/elle ne m’écoute pas ». Qui seriez-vous si vous n’étiez même plus capable de penser cette pensée ? Fermez les yeux et imaginez le/la ne vous écoutant pas. De même, imaginez que vous n’avez pas la pensée qu’il/elle ne vous écoute pas (ou qu’il/elle devrait même vous écouter). Prenez votre temps. Remarquez ce qui vous est révélé. Que voyez-vous ? Que ressentez- vous ?

Retourner la pensée

Dans cette dernière étape, retournez la pensée et trouvez 3 trois exemples authentiques, précis, où cela est vrai dans votre vie.

Ainsi le premier retournement pourrait être : « Je n’écoute pas mon ado ». Cette pensée est-elle aussi vraie ou plus vrai pour vous  que la pensée initiale ? Écoutez-vous votre ado lorsque vous pensez qu’il ne vous écoute pas ?

De même, un autre retournement possible est : « Je ne m’écoute pas moi-même. ». Enfin, le troisième : « mon ado m’écoute. »

Pour chaque retournement que vous découvrez, trouvez trois exemples authentiques, précis, où ce retournement est vrai dans votre vie.

Un long travail

Vous l’aurez compris, derrière ce livre « Aimer ce qui est », se cache un long travail sur soi. Mais un travail gratifiant. En combattant toutes ces idées préconçues sur vous-même, sur ce que vous devriez ressentir. Sur ce que vous pensez que l’on attend de vous. En faisant tomber toutes ces barrières, vous vous libérez.

Ce travail est un outil formidable pour apprendre à s’aimer, à sortir du cycle infernal des pensées automatiques. Pour s’ouvrir au monde.

Bref, un livre indispensable qui restera des années à portée de main tellement il est riche.

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